L’arrivée en Albanie.

Jour 39 : Shkodër

Nous arrivons en Albanie, la veille, nous sommes tout de suite complètement dépaysés. Ce pays n’a absolument rien à voir avec tous les autres pays traversés (il y aura quand même les serpents). Le choc est énorme pour nous, nous ne nous attendions pas du tout à une aussi grande différence. 

Nous sommes un peu déroutés au début, tous ces chiens errants, ces routes en mauvaises états et cette nouvelle langue qui n’est en rien similaire au français, à l’anglais ou au russe. Nous sommes un peu aux aguets (mais oublions de vérifier si nous pouvons ou non boire de l’eau du robinet).

En arrivant dans le pays, nous voyons que le pays est composé de musulmans, d’orthodoxes et de catholiques. Vous trouverez des mosquées, des églises orthodoxes et des églises à environs 50 mètres l’une de l’autre.

Quand nous arrivons, nous nous posons dans un café. J’aimerai aller aux toilettes, je dois aller dans le magasin d’à côté qui se trouve être le magasin de la mère du gérant du bar.

Le gérant prend notre commande et au début, je reviens des toilettes et je dis sans trop réfléchir une bière. Romain me fait les gros yeux et je change ma commande. Une bière est peut-être mal venue, nous ne savons pas encore. Nous la prendrons plus tard, nous passons au coca. Plus tard, nous prendrons l’apéro, l’Albanie n’est pas du tout un endroit où tu as des interdictions. Nous trouvons une auberge de jeunesse bien sympathique à un prix défiant toute concurrence. Au début d’ailleurs, la chambre avec lit double n’était plus disponible, le propriétaire de l’auberge nous propose de suite un prix contre une première nuit en lit simple et le lendemain nous pourrons prendre la chambre.

Dans cette ville c’est incroyable tout le monde à un vélo. Tout le monde roule en vélo. Il y a également des voitures, surtout plein de Mercedes, mais personne ne te klaxonne. La circulation se dessine tranquillement entre les vélos et les autos.

Le soir, nous nous préparons à manger dans l’auberge. Nous lisons les articles de voyage concernant l’Albanie, où il est fortement déconseillé de boire de l’eau (par rapport aux tuyauteries trop vielles) du robinet et de manger de la viande (car il y a souvent des coupures d’électricité qui ne permette pas de préserver à 100% la chaîne du froid). AH, tout ce que je n’avais encore jamais vécu arrive aussi tôt dans le voyage. Je viens de boire un grand verre d’eau, je suis contente. Pour la viande, nous nous disons que ça va nous n’avons acheté que des saucisses (sous vide) ah ah ah. Nous partons nous coucher avec toutes ces problématiques dans la tête. 

Jour 40 : Shkodër jour de repos

Nous avons souhaité nous arrêtés à Shkodër, pour mettre à jour notre blog et également un peu apprivoiser l’Albanie avant de rouler dans le pays.

Nous prenons un bon petit déjeuner dans l’auberge, nous nous retrouvons devant une fabuleuse map monde, qui te donne à réfléchir dès le matin, tout ce que nous avons parcourus et tout ce qu’il nous reste à parcourir. 

La veille nous sommes arrivés en même temps qu’un couple de jeune chinois qui parcourt les pays non européens du continent européen, faute de visa. Nous sympathisons avec eux, nous prenons le petit déjeuner avec eux. D’ailleurs Wendy a acheté des cerises, elle nous en offre. Je suis folle de joie, nous avons vu sur toute la route, la veille, des vendeurs de cerises. Elles me donnaient trop envie mais nous ne nous sommes pas arrêtés pour leur en acheter. 

La matinée, Romain s’occupe de mettre toutes nos photos sur le disque dur.

L’après-midi nous partons nous promener et visiter la ville à vélo. L’ambiance est zen, les albanais sont zen. Nous pouvons profiter de rouler en ville. Les bâtiments datent et ne sont pas en très bon état. L’architecture est particulière. Nous sommes encore un peu sur nos gardes. Les chiens, nous essayons de les éviter au maximum, même s’ils sont tous complètement achevés sur la route. 

Dans nos têtes, l’Albanie c’est un pays où l’on peut rencontrer la mafia, le trafic de drogue et la violence.

Nous allons manger dans un kebab, nous mangeons bien et pour pas trop cher. 

Nous allons nous asseoir sur la terrasse d’un café, un albanais boit son café et nous regarde curieusement. Il nous parle (il ne parle pas anglais) il nous donne un paquet de chips. Nous commandons nos cafés et mangeons les chips qu’il nous offre. Il me demande si ma maman est « good », je lui dis « oui tout va bien pour elle ». Nous lui montrons des photos de nos familles, il me demandera si ma sœur est « good » après. C’est trop marrant. Il sait simplement dire « it’s good » du coup quand nous lui parlons, il nous répond toujours « it’s good ». Il est vraiment sympa ce Jimmi.

Il nous montre les chaises à sa table, il souhaite qu’on s’installe avec lui. Il s’appelle Jimmi Fontana (on était mort de rire intérieurement, directement ça nous a fait penser à la mafia). Il a continué à vouloir nous donner plein de paquets de chips. Nous passons un bon moment.

Le soir, nous nous préparons pour voir la finale de l’Europa ligue dans un bar de la ville. 

Nous mangeons très vite dans un bon restaurant. Nous essayons de prendre des choses qui nous semblent être bonnes (dont le poulet grillé on se dit que sûrement que toutes les bactéries sont tuées après le passage au grill) et des salades.

Nous ne nous attendions pas à ce que l’OM gagne le match (on espérait quand même), c’est dommage de les voir perdre, surtout que l’Atletico Madrid n’était pas non plus au-dessus.

Les albanais parient à toutes sortes de match du monde entier. Ils ont des télés sur tout le mur et parient en même temps que le match se joue. Ils ont l’air d’être, à priori, pour l’OM. Ils nous offrent encore de quoi grignoter sur notre table.

Jour 41 : Shkodër 2ème jour de repos

Le matin nous prenons encore un bon petit déjeuner à l’auberge. Pour ma part je dois rédiger l’article sur la Croatie et la Bosnie. Romain lui s’occupe du linge et de l’itinéraire.

Nous demandons au réceptionniste qui s’occupe de l’auberge, pourquoi il y a tant de chiens avec des étiquettes sur les oreilles dans la rue. Il nous explique que ce sont des chiens errants et qu’une ONG essaye de les stériliser pour qu’ils ne se reproduisent plus. Les chiens ne mangent pas à leur faim et sont donc épuisés.

La journée passe assez vite, nous déjeunons et dînons dehors. Il est plus rentable de sortir et manger à l’extérieur que de se faire soi-même à manger. Mais nous ne parlons pas de grande cuisine. La cuisine est simple mais bonne. 

Quand je prends la pause l’après-midi pour le blog, nous partons flâner dans la ville. Nous la trouvons agréable. Nous n’irons pas voir le château, ni le lac. Nous préférons profiter, à ne rien faire.

Jour 42 : Shkodër - Tirana

Nous pensons pouvoir parcourir 95km de plat. Les 2 derniers jours nous avions du soleil. Là le temps ne nous dit rien qui vaille.

Nous devrons emprunter l’autoroute. A vrai dire, sur les routes normales, les voitures passent très près de nous. Sur l’autoroute nous avons la chance d’avoir une large bande sur laquelle nous pouvons même rouler l’un à côté de l’autre.

Pour ce soir, nous n’allons pas encore frapper à la porte des personnes. Nous allons dans la capitale de l’Albanie, nous pensons qu’il faudrait qu’on trouve un air bnb ou une auberge à moins de 15 euros. Nous faisons une demande à Ermira qui loue son logement à 9 euros. Elle nous accueillerait pour la nuit. Mais au moment où nous réservons elle s’aperçoit que le prix n’est pas correct et que normalement c’est le double pour 2 personnes. 

Avant d’arriver chez Ermira, nous franchissons la barre des 2000 km et non pas sans fierté. A vrai dire, quand je regarde mon compteur je suis tout même assez fière de moi. Sans parler de tous ces kilomètres parcourus, il y a tout ce quotidien que tu essayes d’apprivoiser, de vivre le plus naturellement possible. Tout ce voyage me remplit de fierté. Je pense que Romain ressent la même chose. C’est indescriptible ce qu’on l’on vit.

Nous trouverons Ermira avec un peu de difficulté. Nous lui proposons de ne pas nous faire les petits déjeuners (par rapport au prix) car elle offrait le petit déjeuner dans son prix. Elle nous dit que ce n’est pas grave et qu’elle nous le fera quand même. Mira (Ermira est son prénom complet mais elle se fait appeler Mira) est propriétaire depuis peu d’un café-bar juste en bas de chez elle, le Salento

Elle nous explique que le lendemain c’est son anniversaire et que ce soir elle compte sortir avec sa nièce.

Son logement est composé de sa chambre et du salon. Elle nous laisse son lit. Nous prenons une douche et c’est avec surprise que l’on remarque que la douche c’est une extension du lavabo à côté des toilettes. Nous nous posons des questions par rapport à la praticité, car si tu veux aller aux toilettes après il faut attendre que ce soit un minimum sec sinon tu dois laisser des traces de pas partout…

Nous partons visiter Tirana, sous la pluie. Le temps ne nous permettra de pouvoir particulièrement profiter de la ville. Mais nous voulons tout de même voir les quelques places importantes de la ville.

A 22 heures, nous revenons chez Mira. Elle nous a parlé de son bar et nous nous disons que prendre un verre dans son bar ce n’est pas une si mauvaise idée que ça. Nous passons un super bon moment en sa compagnie et celle du serveur, Mendjan. Elle nous sert des bières et nous prépare un super apéro. Elle ne pensait pas que nous aurions mangé vu l’heure où nous sommes arrivés. Les Albanais ne mangent pas avant 22 heures voir 23 heures. Elle nous prépare donc ensuite des clubs sandwichs, vraiment trop bons. 

Un homme assez âgé nous rejoint, c’est un très bon professeur de piano à Tirana. Il nous sert à boire de son breuvage, qu’il garde bien au chaud dans une poche de sa veste. Mira nous sert encore 2 bières. Nous rigolons bien tous ensemble. Elle nous explique qu’elle est revenue d’Italie, où elle vivait, depuis 3 ans. Elle a vécu les 25 dernières années de sa vie en Italie. C’est un nouveau départ pour elle.

Quand elle apprend que nous avons dîné, elle rigole bien car c’est trop tôt pour elle. Mais surtout quand elle apprend que nous avons mangé du poulet, elle nous dit que c’est très dangereux avec une tête vraiment dépitée… Vous auriez dû voir nos visages, ah ah. Nous avons mangé du blanc de poulet grillé et du riz pour éviter de manger des choses qui pouvaient être douteuses pour nos petits estomacs. Nous avons donc prié pour ne pas tomber malade. 

Dans son café, Mira fait tout maison. 

Jour 43 : Tirana - Cibërraka

Romain a du mal à se lever, il a un peu mal à la tête de la veille. 

Mira et sa nièce dorment dans le salon. 

Elle ne se réveillera pas, certainement après une très bonne soirée la veille, elle doit avoir besoin de dormir.

C’est Mendjan qui nous prépare notre petit-déjeuner. Mira la veille nous a demandé avec quoi nous déjeunions, elle lui a donc fait acheter du yaourt et du lait (pour notre super muesli). Mais nous avons pu également gouter aux gâteaux qu’elle faisait elle-même. C’était top. Nous partons un peu tard, après avoir profité du petit déjeuner et discuter.

La route est un peu dure, ça remonte et ça redescend. Ce sont les routes que nous détestons le plus. En plus il y a beaucoup de voitures. La route n’est pas en très bon état.

Arrivés sur une bifurcation entre le col et le nouveau tunnel qu’ils viennent de construire, nous ne trouverons plus trop de voitures. Nous trouverons de nombreux enfants qui vendent des fruits sur le bord de la route, dont des sortes de mûres blanches. Nous ne les achèterons pas vu que nous ne connaissons pas du tout de quoi il peut s’agir.

Nous nous arrêterons déjeuner dans un restaurant au sommet.

La serveuse ne parle pas bien l’anglais. Elle nous amène du poulet à la place d’une des salades que nous avons commandées. Aie aie aie, nous ne voulons vraiment pas manger de viande après la peur que nous a faite Mira.Nous ne voulions que du riz et de la salade.

Tout compte fait, elle ramène le poulet. Par contre elle nous ramène du yaourt ou du fromage blanc en même temps que le riz… Nous n’avons pas commandé ça… Nous ne comprenons pas, elle le ramène.

La descente est très belle, nous rencontrerons un cyclo suisse parti de Turquie en solo, il nous fait envie de découvrir la Turquie.

Nous arrivons à Elbasan, Romain a, depuis la Slovénie un problème d’allergie. J’en rigole mais pour lui ce n’est pas du tout drôle. La situation est quand même marrante, car nous nous arrêtons dans un magasin, pour acheter des bouteilles d’eau en prévision d’une nuit en camping. Romain garde les vélos et il ne fait qu’éternuer. Les personnes assises au bar d’à côté se rapprochent pour voir qui éternue 10 fois à la minute et ça les fait bien rire apparemment. Quand je reviens je lui donne un médicament. Ça passe vite.

Nous continuons à rouler 10 km après cette ville. Nous avons envie de dormir chez l’habitant aujourd’hui, en ville nous savons que c’est un peu compliqué, nous nous écartons. Dans ma tête, je me fixe un objectif à 65 km pile poil, je m’arrête et frappe à la maison que je trouve en premier. 

Première maison, la famille nous indique que peut-être plus loin on trouvera un endroit. Ils sont un peu méfiants. Nous les remercions d’avoir pris le temps d’essayer de comprendre ce que nous voulions. Romain avait préenregistré des phrases en Albanais sur google traduction, autant vous dire que la traduction devait être marrante. Mais le plus drôle c’est quand je vois Romain essayait de lire l’albanais.

Nous allons quelques mètres plus loin, nous apercevons une femme avec sa fille et sa mère sur leur terrasse. Nous essayons de lui demander si elle peut nous héberger, elle parle l’allemand (pas nous malgré les années d’apprentissage que Romain a eu au collège et lycée), elle nous demande si nous parlons italien, nous lui disons que nous le comprenons (on va dire que oui). Elle nous dit de la suivre, elle nous emmène chez les voisins 2 maisons plus bas. 

Là nous voyons plusieurs filles, elles se parlent entre elles. La première femme qui nous a aidé repart… Nous ne comprenons rien, mais nous la remercions. 

Par chance, une jeune fille de la famille parle vraiment très bien l’anglais (mieux que nous). Nous lui expliquons que nous cherchons un endroit pour dormir avec la tente et nous lui demandons s’il serait possible de dormir dans leur jardin. Il y a une discussion entre elle et une femme plus âgée.

Elle nous dit que ce serait possible derrière la maison, sur le terrain de quelqu’un avec qui il n’y aurait pas de souci. Mais la discussion entre les personnes de la maison continue. 

Elles nous proposent de nous asseoir à la table du jardin. Elles nous ramènent à boire. Puis, Laura, nous dit que peut-être nous pourrions dormir dans la maison si le propriétaire serait d’accord, il faut qu’ils en discutent.

En attendant, elles nous ramènent à manger (une omelette et du cervelas grillé accompagnés d’une salade). Nous avons le droit également au café. Nous sommes vraiment gênés, on se croirait arrivés dans un restaurant. 

Laura discute avec nous et traduit ce que nous disons à sa famille. Nous ne voyons que des femmes, elles sont très gentilles et s’approchent petit à petit de nous. 

La maison appartient aux grands-parents de Laura. C’est une maison de week-end. Ils vivent à Elbasan en temps normal.

Nous avons donc de la chance d’être arrivés un samedi.

Le propriétaire de la maison où il y aurait une chambre disponible pour nous, s’appelle Armando, c’est l’oncle de Laura. 

Nous sommes accueillis par Armando. Qui vient s’installer avec nous à la table du jardin. Il a 30 ans, notre âge grosso modo. Il ne vit pas en Albanie mais en Italie, où il travaille, il ne rentre que toutes les 3 semaines pour voir sa femme. 

Non seulement, Armando va nous accueillir chez lui, mais toute la famille va être à nos petits soins. Les albanais ont un sens de l’hospitalité qui dépasse l’entendement. Nous sommes toujours gênés par toutes leurs attentions et nous pouvons vous dire qu’ils en ont des attentions envers nous.

Laura, un peu fatiguée de sa journée (ils ont tous travaillé au champ aujourd’hui pour aider leur grand parent) va se reposer. C’est Jeta, sa sœur qui prend le relai, elle parle également super bien l’anglais. C’est fou, comme nous, nous regrettons de ne pas avoir fait plus d’efforts pour apprendre l’anglais plus jeune. Mais malgré tout nous nous améliorons chaque jour.

Petite anecdote sur les prénoms de Laura, c’est le prénom que les fermiers donnent à leur vache en général. Par contre Jeta (que vous prononcez Yeta) veut dire « vie ».

Au moment de prendre notre douche, ils nous apportent une pleine assiette de ces fameux fruits blancs, qui ressemblent à des mûres de chez nous. Ce sont des manas. 

Pour le dîner, ils ont voulu nous préparer une table comme au restaurant en amoureux. Un tête à tête, ce n’est pas du tout ce dont nous avons envie là (c’est cool mais on se voit toute la journée tous les deux) nous, nous voulons manger avec eux. Ils comprennent, Armando et Jeta mangeront avec nous et ensuite la famille viendra sur le canapé après leur dîner pour pouvoir discuter avec nous. 

Nous passons une soirée exceptionnelle en leur compagnie. Nous apprenons beaucoup sur la culture et les habitudes albanaise. Le rythme de l’école c’est 8h 13h, ils ne prennent pas vraiment de petit-déjeuner, préfère prendre une bonne collation vers 10 heures. Puis ils déjeunent entre 15 heures et 17 heures. Pour dîner vers 22 heures.

Ils nous servent du yaourt avec le plat. Enfin, nous allons comprendre, ils nous expliquent que le yaourt ils le mangent avec leur plat (tu en mets ou non c’est toi qui vois). C’est du yaourt des vaches des voisins. Nous aurons également droit à du poulet de leur jardin. Nous laissons tombés les conseils sur la chaîne du froid, nous nous disons que si eux le mangent alors nous on peut également et franchement nous nous voyons mal refuser ce qu’ils nous proposent… Nous avons aussi droit à une très bonne soupe. En fin de repas, Armando sort le fameux raki maison 😉

Cette famille est très heureuse (malgré des moments particulièrement difficiles et une immigration économique pour les maris en Italie). De ce que nous avons pu apercevoir, ils vivent leur vie tranquillement, ils sont heureux et bienveillants.

Ils nous ont accueillis à bras ouverts et nous ont offerts tous ce qu’ils pouvaient nous offrir. 

Ils nous ont conseillé de partir voir la côte albanaise, qu’ils trouvent magnifique, mais nous gardons cette partie de l’Albanie pour un futur voyage. Nous ne pouvons pas tout découvrir et avons prévu de partir voir le lac d’Orhid.

Voilà, vous avez vous aussi un peu connu, Armando, Laura, Jeta, Ina, Dije, Luisa, Bora, Dylberije, Moza et Ymer. Des personnes fabuleuses.

Jour 44 : Cibërraka - Ohrid MACEDOINE

Nous partons le cœur léger. Ce moment sera un des moments importants de notre voyage, par sa simplicité. La famille nous prépare un petit déjeuner, puis nous buvons tous ensemble le café. Leur hospitalité nous marquera. Ils rayonnent de bonheur.

Petit à petit, chemin faisant, nous nous rendons compte que notre société nous a rendu capricieux. Souvent nous nous comportons comme si nous étions le centre du monde… La seule chose qui nous importe c’est notre statut social, notre carrière et souvent nous oublions que le plus important c’est de travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler. Cette citation irait bien de pair avec on ne vit pas pour manger mais on mange pour vivre, parfois je me sens trop focaliser sur la nourriture. J’espère petit à petit m’en détacher.

Curieusement c’est à ce même moment, que le travail de Romain refait surface. Mauvaise nouvelle, enfin plutôt une nouvelle qui nous fait réfléchir sur nos vélos. Nous devons déjà commencer à réfléchir au retour, dans un an (un peu moins) alors que nous sommes seulement à 2000 km de la maison… Romain a accepté un congé sans solde dont les termes vont être déjà modifiés… En espérant que ce voyage nous apprendra à gérer ce genre de situation dans nos vies futures.

Nous continuons notre bonhomme de chemin, la route est assez difficile. Toujours ces petites descentes et longues montées. Romain a un vrai coup de mou, une heure après le départ. Nous nous arrêtons donc dans un endroit pour un café et fermer nos yeux 2 minutes. 

Avachis sur nos chaises, nos vélos à côtés, un car de touristes s’arrête et discrètement ils nous prennent en photos. Parfois c’est usant de se faire épier, dévisager par les personnes dans la rue et parfois ça te donne de la motivation. Nous essayons de ne pas y prêter attention lorsque nous sommes crevés. D’un coup, un chinois se plante devant nous et là surprise c’est Huo (que l’on avait rencontré à l’auberge de jeunesse à Shkodër). Bon je vous accorde, l’Albanie c’est petit, mais quand même. Ce type est super sympa, il nous dit que lui et sa femme sont vraiment épatés par ce que nous faisons. Il nous dit qu’ils sont fiers de nous avoir rencontrés. Vraiment il ne sait même pas comment il nous redonne du courage. Des paroles comme celles-ci quand tu perds un peu de motivation, c’est juste un super carburant. Nous repartons ragaillardis.

Sur la route, nous nous arrêtons dans un village juste avant un petit col et le passage de la frontière avec la Macédoine. 

Ce petit village nous marque encore par sa diversité, l’appel à la prière qui retentit dans la ville et d’un seul coup cette course de cyclistes qui nous passe devant. 

Nous mangeons dans un petit restaurant, nous ne prendrons que 2 assiettes de riz chacun. La première assiette est accompagnée de quelques morceaux de viande. La cuisinière s’aperçoit que nous avons laissé les morceaux de viande sur le côté, elle nous envoie donc la seconde assiette sans viande, mais avec du fromage râpé.

Nous sommes un peu nostalgiques de devoir partir de ce pays. Nous nous y sentons super bien. Mais en même temps, comme je dis à Romain j’ai également envie de découvrir la Macédoine, car je n’y connais rien, je pense que je n’ai jamais évoqué ce pays de ma vie et ça me fait bien plaisir de voir un pays dont je n’ai jamais pensé auparavant.

Nous avons encore un col à monter avant de descendre sur la Macédoine. Il fait tellement chaud, vous devez savoir qu’en Albanie, ils ont l’air de porter une grande importance au lavage de voiture. Nous avons de la chance lorsque nous monter le col, les tuyaux d’arrosoir sont en marche et nous permettent de nous rafraichir en passant en dessous.

Nos sentiments

Les préjugés, les vérités toutes faites et le racisme sont des maux terribles de notre société. Nous remarquons en plus, que dans chaque pays, chacun se trouve un ennemi. Cet autre, que nous prenons pour cible et pensons être le mauvais de notre monde. Mais nous nous rendons compte que le monde dans lequel nous vivons est si minuscule par rapport au reste du monde, nous ne sommes vraiment pas le centre, s’en est hilarant de s’en rendre compte comme ça. Après nous ne vivons pas dans un monde de bisounours. Mais certains de nos comportements sont vraiment dictés par un mode de vie mondialisé et c’est bien malheureux car c’est comme ça, je pense, que nous devenons vulnérable.

L’Albanie est un pays épatant qui nous a tout simplement donné envie de le découvrir, d’y rester. C’est d’ailleurs avec un petit pincement que nous avons choisi de prendre la direction de la Macédoine, en haut du lac d’Orhid. 

Nous repartons également déstabilisés tous les deux par le fait que la vie que ne tienne qu’à un fil. Une des femmes de la famille que nous avons rencontrée a vécu une des plus grandes tragédies qu’une maman pourrait connaître (enfin c’est ce que je pense). Il y a 8 ans en rentrant de l’école, elle traversait la route avec ses 2 filles, une voiture arrive. Une voiture de police, l’homme et la femme à l’intérieur sont très occupés à discuter. Le conducteur ne voit pas le passage piéton, ne voit pas cette femme et ses deux filles… Le pire arrive, elle perd son ainée, sa cadette est dans le coma mais survie. La chance dans la pire des situations, 1 sur 2, je me rappellerai toute ma vie de son visage souriant malgré tout.

Catégories : Albanie

2 commentaires

Claire · juin 11, 2018 à 6:36

Waouh bravo pour les 2000 km
Il n y a pas s’il longtemps j ai rencontré un monsieur dont’ la femme disait qu.il avait été jusqu’en Turquie en vélo et j etais sidérée que ce soit possible…. vous l’avez fait et ferez bien plus encore
J’adore la photo Portage
On vous embrasse fort

    ViA 2 Roues · juin 12, 2018 à 6:52

    Merci Claire ! Oui trop stylé la mamie. Elle était sortie de nul part c’était un instant magique. 2000 km c’était incroyable et inimaginable il y a encore 2 ans pour nous. Aujourd’hui nous somme sen Turquie et nous ne sommes pas peu fiers c’est sûr. Tu sais bien à quel point j’étais une grande sportive ;-).
    Gros bisous les couz! Profitez bien du soleil à Marseille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Animated Social Media Icons by Acurax Responsive Web Designing Company