Jour 191 à 192 : Copacabana (Bolivie)

Nous arrivons en Bolivie, première frontière passée à vélo ici en Amérique du Sud. Le soleil est présent. La frontière se passe assez facilement, le douanier nous autorise 30 jours dans le pays sans visa. Normalement vous avez le droit en tant qu’européen à 90 jours, mais quand vous passez la frontière terrestre ils vous donnent à priori seulement 30 jours et vous devez faire une demande d’extension à La Paz si vous voulez rester plus longtemps. Pour le moment nous ne sommes pas inquiets car normalement nous passerons moins de 30 jours en Bolivie. Après quelques kilomètres nous arrivons sur la ville de Copacabana. Cette ville est assez européanisée, plus exactement nous ne nous sentons pas totalement dépaysés ici. Bien que les rues soient remplies de personnes assises par terre qui vous vendent plein de choses, la plupart du temps de la nourriture et qu’il y ait encore des marchés que vous ne trouverez pas en France.

Nous changeons encore de monnaie, ici c’est le boliviano, 1 boliviano est l’équivalent de 13 centimes d’euros.

Cette ville sera marquée par la rencontre de Noémie et Bryan. Nous nous croisons à la frontière mais nous sommes en vélo et eux voyagent à sac à dos, nous ne savons pas encore que nous sommes français, donc nous ne nous abordons pas à la première rencontre.  

C’est à l’occasion d’un match de la ligue des nations, France-Allemagne, que nous entamons la discussion. Nous trouvons un bar juste en face de notre auberge et nous demandons au patron s’il peut allumer la télé. Bryan entend notre demande et tous les deux se joignent à nous. La France gagne son match contre l’Allemagne 2-1. Cette ligue est une nouvelle compétition instaurée par l’UEFA depuis cette année, elle permet de gagner une place pour l’Euro. Elle remplace les matchs amicaux. 

Le courant passe entre nous dès les premières minutes. Ils voyagent tous les deux en Amérique du Sud, ils se sont retrouvés en Colombie et voyagent ensemble pour un petit moment. Ils sont amis depuis l’enfance. Ils nous racontent beaucoup d’anecdotes et nous aussi. Nous passons notre temps à rire. Je leur trouve même une belle caractéristique sur le Pérou, pour moi les péruviens ont une culture du « mauvais » bruit. Ils sont mort de rire quand je leur dit ça. Mais c’est vrai, j’ai trouvé que c’était une des mauvaises facettes du Pérou, le bruit. Ils font du bruit pour tout, c’est à celui qui fera le plus de bruit. Pour vendre c’est obligatoire. Même pour vendre une glace. C’est une de leur caractéristique, c’est comme ça. Je ne veux pas faire de jugement de valeur mais c’est un réel constat sur le pays, par rapport à notre pays, où nous sommes quand même assez calmes, eux c’est vraiment le contraire dans la vie quotidienne. 

Le soir, bien repus, c’est le moment des « au revoir », c’est à ce moment que nous nous rendons compte que nous sommes exactement dans la même auberge. 

Nous resterons à Copacabana, une journée de plus. Nous décidons cela car nous avons un petit mal de tête de la veille et surtout car la pluie claque sur le toit de l’auberge. 

Nous allons encore plus nous liés d’amitié avec Noémie et Bryan. C’est simple avec eux ce sera fous rires sur fous rires.

Nous monterons sur les hauteurs de la ville pour observer le lac Titicaca, pour ma part le lac est clairement plus beau de ce côté. Les péruviens disent qu’ils ont pris le Titi et les boliviens le Caca, du coup je préfère le côté Caca. La ville de Puno n’a pas été la plus belle des villes que nous ayons faite.

Nous ne sommes pas très sages pour cette dernière soirée aux côtés des 2 loustics. Eux ont de la chance le lendemain ils prennent le bus, pour nous ce sera des coups de pédales. Mais quoi qu’ils arrivent Noémie et Bryan resteront gravés dans notre Tour du monde. Nous devrons les revoir en France (s’ils rentrent).

Jour 193 à 195 : La Paz

Le chemin que nous empruntons longe le lac Titicaca. Avant de partir de la ville, nous sommes arrêtés par un couple qui a voyagé en Nouvelle-Zélande à vélo également. Nous discutons ensemble pendant un bon quart d’heure. Un chien s’approche, je ne suis pas confiante je me mets de l’autre côté de mon vélo. Il aboie sur les voitures qui passent, puis se recouche entre nos 2 vélos. 

Après avoir écouté les récits du couple sur la Nouvelle-Zélande (ils nous ont donné l’eau à la bouche) nous prenons la direction de La Paz. Le chien qui s’est tranquillement posé avec nous, se lève et nous suit. Au début, j’ai peur qu’il m’attaque lorsque nous entamons notre première descente. Mais il n’en fait rien, il fait comme les chiens de bergers il part devant et revient derrière nous. Aucun chien que nous croisons ne nous aboient dessus. Pour sortir de Copacabana, nous avons 10kilomètres de côte. De ce fait le chien nous suit sur plusieurs kilomètres, il ne nous lâche pas et nous protège de tous les autres chiens. Il est un peu foufou quand une voiture passe. Il se bagarre même avec une troupe de chiens.

Nous allons lui donner à boire car il court partout et qu’il fait chaud. Après les 10kilomètres de montée malheureusement il n’y a plus rien, plus de ville. Nous décidons donc de l’attendre dans la descente, pour ne pas l’épuiser nous roulons à 10kilomètres/heure. Nous l’appellerons Copa. Notre stratégie est de le lâcher dans la prochaine ville en lui achetant de la viande. Nous devons rouler encore 30km et il est de plus en plus épuisé. Nous essayons de nous arrêter le plus souvent possible. Nous essayons de trouver des points d’eau. C’est trop triste mais nous devons nous séparer de Copa, pour prendre le bateau à San Pablo de Taquina, ici le lac coupe la terre en 2. 

Après notre traversée en bateau, l’orage commence à gronder. Nous décidons de continuer la route en bus. La route est beaucoup moins belle de ce côté et souvent les portions sont en travaux. Nous arriverons donc à la Paz en bus, c’est une ville incroyable quand à sa construction. L’arrivée se fait en hauteur, par la ville d’El Alto, elle se trouve à 4150 mètres d’altitude et nous descendons sur la Paz qui se trouve à 3640 mètres. C’est une cuvette. Toutes les constructions sont sur une pente et comment dire les constructions ne sont pas très rassurantes, par rapport à la qualité des matériaux. 

Nous décidons de passer par la casa de ciclista, une première pour nous. Lorsque nous arrivons dans cette casa, nous sommes accueillis par d’autres cyclistes, c’est Ryan qui nous ouvre la porte et nous aide a monter nos affaires. Elle est bien remplie cette casa. Nous devons contribuer aux frais de la casa, pour 20 bilivianos. Ce n’est pas très cher en soi, mais la casa n’est pas très propre et les équipements rudimentaires. Nous devons dormir à même le sol entourés d’autres voyageurs. C’est assez inconfortable, mais nous faisons connaissance avec d’autres cyclistes. On y retrouve d’ailleurs un couple, avec qui nous avions discutés lors d’un repas au réchaud entre Ayaviri et Juliaca. 

Cet arrêt à la casa de ciclistas,  nous met des doutes dans la tête. Nous ne sommes pas des cyclotouristes confirmés et en parlant avec tout ce monde, des doutes s’installent quant aux choix de notre futur itinéraire. Le doute ce n’est pas bon du tout. Nous perdons toute une matinée à revoir nos idées de départ. C’est dur de se dire que nous ratons des choses, les cyclistes ici prennent une route, qu’ils estiment immanquable et nous, nous ne la prenons pas.

Au bout de cette matinée, qui finalement ne sera pas si perdue que ça, nous nous disons enfin que nous avons le droit d’être différents, de ne pas aimer les mêmes choses, de ne pas faire les mêmes choses. C’est aussi ça qui fait le charme du voyage ne pas toujours être en conformité avec les autres. Savoir faire ses propres choix et ses propres erreurs. Savoir créer son propre chemin. Savoir écouter les autres sans penser qu’ils ont forcément toujours raison. Savoir prendre les bons conseils, rester ouvert tout en ayant sa propre réflexion, ce serait mon conseil.

Nous allons retrouver Noémie et Bryan qui ont décidé de venir passer quelques jours à La Paz. Nous découvrons le musée de la Coca, nous découvrons que mâcher de la coca ce n’est pas si anodin que cela. Lorsque les péruviens ou bolivien mastiquent de la feuille de coca, ils inhérent une quantité importante de cocaïne, selon les études il ne s’agit bien évidemment pas des doses que vous pourrez retrouver dans des injections de cocaïne ou autres drogues du type. Mâcher de la feuille de coca contribue à avoir plus de globules rouges et tenir plus longtemps face à un effort prolongé et pénible. Nous avons goûté un bonbon à la coca, nous avons tous ressenti un effet anesthésiant sur la langue et les lèvres. La feuille de coca et les bonbons de coca sont trouvables à la vente un peu partout dans les commerces. La coca aide à supporter le mal d’altitude. C’est certainement pour cela que les populations andines en consomment énormément. 

Nous quittons La Paz, après une soirée à jouer au billard et danser en boite de nuit. 

Nous avons bien sûr pris quelques Saltena. C’est une sorte d’empanadas revu à la façon des boliviens. C’est un chausson fourré d’oeuf, de viande et d’une sauce. C’est très très bon.

Jour 196 : Oruro

Oruro sera une des dernières grande ville sur notre chemin. Nous profitons donc de ce qu’elle peut offrir et goûtons au mercado central à un pastel. C’est une pâtisserie bolivienne qui est servie dans la rue et qui se mange souvent accompagné d’une boisson, le api, une boisson d’une couleur pourpre, composée de maïs. Le pastel peut être nature ou fourré de fromage. La boisson est épaisse. Romain apprécie le api, moi moins. 

Ce qui nous impressionnera dans cette ville c’est son marché, nous sommes arrivés vers 16heures et nous sommes repartis vers 9heures le lendemain, le marché grouillait toujours de monde. Nous fêtons nos 8 ans de vie commune en partant d’Oruro.

Jour 197 : Pazna

Cette étape sera donc marquée par nos 8 ans de vie commune. La route pour aller vers Pazna, se fait sur l’altiplano bolivien. C’est plat et haut, après le Tibet c’est la région habitée la plus haute du monde. Nous sommes tous les jours entre 3600 et 4200 mètres d’altitude, nous ne nous rendons même plus compte d’être si haut sur la planète.

Pour fêter nos 8 ans de vie commune, nous avons la chance de tomber sur les bains communaux de la ville. La gérante nous voit en face de sa bâtisse et nous demande ce que nous cherchons, elle nous propose spontanément de nous installer dans le hall d’entrée des bains. C’est parfait, nous sommes bien contents. Ici tous les gens s’arrêtent pour venir se laver. Bains privatifs avec eau chaude. Tout pour se faire beau. 

Tout va très bien jusqu’à ce que nous décidions de nous faire à manger. Le réchaud à un problème… Ca ce n’est vraiment pas cool car nous avons besoin du réchaud pour traverser la Bolivie. Nous allons passer plus de 3 heures à découvrir d’où vient le problème, sans internet et  réussir à le réparer. Quel bonheur, je me souviendrai toujours de ce moment, le seul problème que nous avons c’est notre réchaud, mais c’est un problème majeur car sans réchaud pas possible de nous nourrir et en fait c’est la plus importante des choses. Pour nos 8 ans nous réussissons à réparer un objet très important pour le voyage et nous sommes simplement heureux.

La soirée sera éclairée par un orage incroyable situé à quelques kilomètres seulement de nous.  Des éclairs transpercent le ciel, c’est un très beau spectacle. 

Jour 198 : Quillacas

Réveillés à 5h du matin, par un client qui venait prendre son bain, nous partons très tôt. 

L’Altiplano est toujours aussi beau, nous allons goûter à une milanesa de lama dans un petit village où il n’y a rien. La milenasa c’est comme un poulet à la milanaise, la viande de lama ne nous enchante pas. C’est gras, c’est caoutchouteux, pas trop ragoutant. Enfin nous le mangeons quand même, Romain ça ne l’enchante pas du tout, mais alors vraiment pas. Il n’est pas trop pressé pour manger ce que la femme nous rapporte de sa cuisine rudimentaire, avec une centaine de mouches qui nous tournent autour. 

Cette étape sera placée sous le signe du rudimentaire, je dirai même rudimentaire sale. Je ne suis pas trop pour dormir dehors cette nuit, vu les orages qu’il y a en ce moment dans la région, je préfèrerai dormir dans un endroit couvert. Du coup nous essayons de trouver un « hôtel ». Nous demandons à des personnes assises sur le trottoir si elles savent où nous pouvons trouver des dormitorios (une chambre). Elles ont mi un certain temps à  nous répondre, mais apparemment l’homme assis parmi elle est le gérant de l’unique « hôtel » du village. Pas trop pressé de nous louer, par la suite je comprendrai pourquoi, c’est qu’il part le lendemain matin très tôt et il ne sera pas là pour voir si la chambre est en état.

Franchement, il pourrait se passer de « check out » et louer sans trop se soucier de sa chambre. La dite chambre est composée de deux armatures de lit posées dans une pièce, faite de 4 murs et un toit, mais un toit qui fui. C’est le gros orage de la soirée qui nous permet de le savoir. Après une négociation de débutant, nous pouvons nous installer dans la fameuse suite parentale, où cependant nous avons une prise pour charger tout notre équipement et ça, ça vaut de l’or.

Il n’y a pas que du mauvais a être dans un aussi petit village méconnu de la plupart des gens. Nous nous promenons et découvrons une superbe vue sur les environs et nous avons simplement la chance de pouvoir jouer au foot avec les jeunes du village. Enfin Romain joue une partie et moi je profite de ce spectacle unique. Un stade de foot, Romain et une dizaine de jeunes boliviens qui jouent ensemble. 

La seule question que je me pose c’est comment dans un village aussi reculé, où les rues sont  faites de débris de toutes les choses que l’on peut trouver sur les murs des maisons et de sable, comment ce village peut avoir un stade de football flambant neuf… Cela m’intrigue. Tant mieux pour ces jeunes mais c’est quand même une situation assez loufoque.

Jour 199 : Salinas de Garci Mendoza

Il fait très chaud ce jour-là, nous avançons avec un vent de face interminable. Peu de personnes sur les routes (sauf 2-3 voitures et c’est très anecdotiques mais même sans voiture en contre sens ils ne veulent pas se téléporter de l’autre côté et ils nous klaxonnent comme des dingues quand don les gênes), des villages abandonnés et d’autres partiellement habités. Nous aurons le loisir de nous arrêter pour notre pause déjeuner en face d’un cratère de météorite. Assez impressionnant. 

Dans la ville nous achetons le nécessaire pour commencer notre escapade dans le désert de sel bolivien. Le salar d’Uyuni, un endroit que j’ai longtemps rêvé depuis la préparation du voyage. 

Jour 200 : Tahua

Dans le dernier petit village de Bolivie de ce côté du désert de sel. La route est bien moins difficile que ce que l’on s’imaginait en lisant les blogs des autres voyageurs. Nous allons contourner le volcan Tunupa qui culmine à 5400 mètres d’altitude, nous sommes seulement à 3600 mètres d’altitude sur le salar d’Uyuni et nous apercevrons enfin le désert de sel dans toute son immensité. Un blanc intense qui vous ferez penser à une immense plaine de neige. Juste incroyable un endroit unique au monde. Nous sommes tous les deux émus d’arriver à cet endroit.

Ce dernier petit village est rudimentaire et ne nous permet pas de trouver de restaurants. Nous devrons donc commencer à manger notre purée et notre thon. Prochain repas d’à peu près tout le voyage dans le Sud Lipez. C’est comme cela que s’appelle la région que nous allons traverser pendant ces 15 prochains jours. Le Sud Lipez, une des régions les plus désertiques et arides du monde.

L’Altiplano c’est donc terminé pour une nouvelle aventure dans le fameux Sud Lipez. Il faut être fou pour aller se promener dans le Sud Lipez à vélo. C’est vraiment la seule chose que je peux vous dire.

Jour 201 : Isla Incahuasi

Pas si désertique que ça le désert, au milieu de tout ce blanc, il y a une toute petite île, l’île Incahuasi qui est peuplée de cactus géants. 

Mais avant cette île, nous roulons sur ce sel. Au début, c’est vraiment incroyable quand tu arrives sur le désert tu as l’impression que tu vas glisser car dans le cerveau, blanc est égal à neige. Mais non tu roules et puis ça roule assez bien même après quelques mètres sur ce sel.

Au début le sel est gris comme de la neige sale et il s’engouffre sous nos gardes boue. Puis nous nous prenons au jeu des photos, lorsqu’il devient aussi blanc que les nuages dans le ciel. A deux ce n’est pas si simple, mais Romain qui est plus patient que moi, arrives à m’expliquer comment faire et nous parvenons à prendre quelques clichés assez sympas.

Attention à bien protéger les yeux et la peau car la réverbération est vraiment très forte.

Depuis La Paz, Romain n’arrêtait pas de calculer quand nous arriverons au salar. Je ne comprenais pas trop pourquoi. Il voulait y arriver pour le 22 octobre mais c’était impossible. Bon, ok nous ne fêterons pas nos 8 ans de vie commune dans le salar mais je n’en faisais pas une affaire importante contrairement à lui. 

J’ai compris pourquoi cela lui tenait tant à coeur, c’est qu’il m’a demandé en mariage ici dans le Salar d’Uyuni, au milieu de tout ce blanc sur cette magnifique petite île où nous nous sommes posés pour passer la nuit.

C’est dans l’atmosphère incroyable du désert de sel que je lui dirai oui, avec comme loisir un magique couché de soleil et incroyable levé de soleil. Normalement en hiver il peut faire très très froid ici. Mais cette nuit a été incroyablement douce. 

Jour 202 : Chuvica

Petit point géologique, il y a environ 15000 ans, il y avait un lac d’eau salée qui a disparu et du sel s’est formé suite à cela sur un périmètre de 150 à 100 km. Ce qui représente à peu près 2 départements français. Il y a une ressource de sel estimée à une dizaine de milliards de tonnes. Mais le sel est faiblement exploité ici. La couche de sel peut atteindre 120 mètres par endroit. Une autre richesse qui se trouve sous le sel, le lithium. C’est là que se trouve la première réserve mondial de lithium. Le gouvernement s’est gardé l’exclusivité de son extraction, mais il peine à avoir un bon rendement par rapport à l’explosion des besoins en lithium du monde entier. Il se pourrait que le salar d’Uyuni soit prochainement menacé par une surexploitation de son sol pour en extraire le précieux lithium. 

Le désert de sel c’est bien mais au bout d’un moment, notamment à cause des 4*4 qui y passent, le sel se dégrade, nous avançons donc moins vite et le vélo est secoué. Nous allons tenter l’expérience de l’hôtel de sel. Normalement ces hôtels sont réservés au tour opérateur qui emmène une dizaine de client en 4*4. Un des hôtels nous acceptent cependant et nous y passons une très bonne soirée.

Nous dormons sur des briques de sel. C’est sympa mais ça ne change pas grand chose. 

Jour 203 à 204 : San Juan

Les choses commencent à se gâter sur cette étape. Les routes deviennent sableuses et nous manquons de tomber plusieurs fois. Jusqu’à la fois de trop, Romain tombe car il n’était plus concentré sur la route. Il s’écrase sur la route. Une des sacoches avant se casse… Encore une galère qui arrive au bon moment, nous ne pourrons rien n’y faire jusqu’à ce que nous arrivions au Chili ou en Argentine. Il faut trouver une solution de secours. Nous utilisons nos serres fils en plastique. Seul inconvénient, la sacoche ne s’enlève plus du vélo. Pour la traversée de la route des lagunes ce ne sera pas trop grave. 

Nous arrivons à San Juan l’étape a été difficile, nous trouvons sur la place centrale un robinet. Nous nous y lavons et nous lavons nos affaires pour partir à peu près propres sur les 10 jours à venir. De vrais baroudeurs, les gens du village nous regardent un peu médusés par la situation. 

Nous aurons du mal à trouver un hôtel pour la nuit et dormir dehors ce n’est pas forcément facile à cause du vent. Nous avons envie de prendre une journée de pause avant d’entamer la partie que l’on définie comme la plus dure de notre tour du monde. Nous trouverons enfin un endroit pour la première nuit. C’est très dur de trouver un hôtel quand tu ne fais pas parti d’un tour guidé. Nous ferons la connaissance d’un guide qui nous donne envie d’aller découvrir les lagunes.

Avant de mettre les serres fils nous essayons de réparer la sacoche en faisant fondre du plastique de la gourde de Romain et essayer de recoller le morceau cassé. Rien y fait, on empire même le problème car ça colle de partout sauf à l’endroit où nous le voulons. 

Après la première nuit, nous irons voir la commerçante qui nous a laissé manger dans son magasin. Nous lui achèterons à peu près tout le ravitaillement nécessaire pour 10 jours. Ce qui donne à peu près 20 paquets de purée, 20 boites de thon, un gros paquet de flocon d’avoine et une vingtaine de petits pains. Les petits pains seront agrémentés de beurre de cacahuète pour le petit-déjeuner, nous l’avons acheté à La Paz, heureusement car il n’y en n’avait pas ici.

Nous serons dans l’obligation de quitter l’hôtel dans lequel nous sommes car les chambres sont toutes prises par un tour. Nous allons donc devoir trouver un autre endroit. Nous trouvons dans un hôtel qui nous a refoulé la veille. Nous en profitons pour rester dans le lit et ne rien faire de particulier. 

Jour 205 : premier bivouac dans le désert de Bolivie

Je vais essayer de ne pas vous faire trop peur avec cette partie du voyage mais si vous êtes un voyageur à vélo et que vous avez envie d’aller vous promenez dans cette partie du monde, accrochez-vous et n’y allez pas chargé. En fait je vous déconseille de le faire si c’est simplement par volonté de voir de belles choses, ce n’est pas une promenade de santé.

Si vous souhaitez vous dépassez, sortir complètement de votre zone de confort et traverser des moments de doutes intenses sur vos capacités à continuer votre chemin en vélo, allez-y. Pour les autres je conseille, je vous invite vraiment, à voir ce coin du monde avec un 4*4, avec un tour ou par vos propres moyens, mais en voiture c’est plus facile. Ce que nous allons vivre va être éprouvant, va être psychologiquement et physiquement dur. Mais ce moment du voyage va être le moment le plus formateur de tout notre tour du monde en termes de bivouac et de contrôle de soi.

Dès ce premier jour, je vais dire une phrase qu’aujourd’hui je regrette d’avoir dite. Pendant notre première pause déjeuner, je dis une phrase du type « mais pourquoi j’ai été aussi bête d’accepter de faire cette partie en vélo ». Je regrette de l’avoir dit car premièrement pour le moral que ce soit le mien mais surtout celui de Romain ce n’était pas bon du tout et deuxièmement après avoir terminé ce périple j’ai réussi à être fière de moi et je me souviendrai toute ma vie de ce que j’y ai enduré mais surtout de ce que j’y ai vu.

Passons au récit de la route des lagunes. Pour traverser le Sud Lipez, nous suivons un guide que vous pouvez trouver sur le net pour ne pas nous retrouver sans eau et avoir une idée d’où nous pouvons dormir. Nous dormirons exactement dans le premier endroit indiqué à bout de force, dès le premier jour. Mais cette première soirée n’est pas si sévère avec nous, nous n’avons pas de vent et nous pouvons profiter du soleil jusqu’au dernier rayon. Après il fait quand même un peu froid et il faut donc rentrer dans le duvet en fermant bien toute la tente. C’est tellement triste de une pas pouvoir profiter des ciels incroyables que nous offre cet endroit. Je n’ai jamais vu un aussi beau ciel que ceux que je verrai ici en Bolivie.

Jour 206 : Laguna Hedionda

Matin difficile, pas envie de repartir galérer sur les pistes faites de gros cailloux qui montent et montent encore. Mais pas le choix, il faut y aller. En fait le choix ici nous n’en n’avons pas car ce n’est pas une piste empruntée par les 4*4, donc soit tu rebrousses chemin (c’est pas du tout notre conception des choses, soit s’il y a un 4*4 tu peux demander de l’aide mais là encore pour nous cela veut dire abandonner et pas la force d’abandonner dans nos têtes). Au bout d’une dizaine de kilomètres nous arrivons sur une route (pas une route de luxe mais asphaltée et ça c’est du luxe). Nous arrêtons un premier 4*4 pour demander de l’eau, ils nous donnent une bouteille entière, nous sommes trop heureux. Cela veut dire qu’on peut compter sur les gens en 4*4 et ça c’est un avantage indéniable pour continuer. 

Dans le guide que nous suivons ils avaient oublier de mentionner que nous trouverons une aire pour les touristes. Sur cette oasis, nous trouvons des hamburgers de lama, on se régale! Nous avons même un coca et nous pouvons remplir nos bouteilles vides avec de l’eau qui nous servira pour la cuisine. Le moral remonte et nous permet de continuer encore, avec le sourire au visage. Ce n’est pas rien. A partir de 15heures, plus de sourire, fatigués, le vent s’est levé et le sable nous fouette le visage surtout lorsque les 4*4 passent. Certains passent moins vite que d’autre, ceux-là on les remercie. Des parties sont incroyablement difficiles à passer. Nous poussons parfois, parfois nous y arrivons accrochés sur nos guidons.

Nous terminons l’étape avec pour paysage notre première lagune, c’est très beau. Des milliers de flamands sont posés sur la lagune. Nous avons réussi à atteindre le deuxième point de campement, un hôtel lodge en plein milieu de nul part. Nous prenons bien sûr le luxe de nous louer 2 lits dans une chambre partagée. Nous sommes téméraires mais pas complètement fous. En plus il n’y a personne aujourd’hui, nous serons donc seuls dans la chambre.

Jour 207 : Troisième nuit sur la route des lagunes en Bolivie

Troisième départ, nous sommes ragaillardis par la nuit dans un lit malgré le froid, en plus la veille nous avons pu prendre une douche. Alors on ne va pas se plaindre. Les premiers kilomètres nous laissent l’espoir que la journée sera facile, nous avons de belles lagunes face à nous. Mais l’espoir s’efface petit à petit, lorsque nous sommes encore entrain de pousser nos vélos sur une longue ligne droite.

Chaque choix de piste est un défi, car nous avons l’impression que la piste est plus facile d’un côté ou d’un autre mais que celle que nous avons choisi n’est pas la bonne. Plus envie de continuer mais pas la force d’abandonner. Nous arrivons au 4ème point de chute après plus de 5 heures de vélo pour 27 kilomètres. Bien sûr nous n’arriverons pas à terminer la journée de vélo avant que le vent ce soit levé. 

Nous dormirons dans un canyon. Nous posons la tente sur le côté de la route, c’est une route empruntée par les 4*4. Nous aurons le loisir d’observer des familles de viscaches des montagnes, que nous prenons pour des chinchillas avant de savoir ce qu’était réellement cette espèce. Nous serons klaxonné par les 4*4 et les touristes nous encouragent.

Une des choses les plus dures à admettre pendant la traversée, c’est qu’après les heures passées sur le vélo, 5, 6 ou 7 heures de vélo, nous ne resterons pas dehors assis tranquillement sur nos chaises à admirer ce qu’a crée la nature.

Non, le quotidien dans le Sud Lipez ce n’est pas ça pour nous. Nous arrivons après que le vent ce soit levé (il se lève normalement après midi, pour nous cadeau, ce sera plus souvent 11H30). Si l’on veut rester dehors, nous devons être bien armé contre le froid pour admirer les trésors de cette nature. Le problème c’est que si nous restons dehors, nous mettrons du temps à nous réchauffer. Nous somme un peu frileux avec Romain du coup impossible de rester dehors plus de 15 minutes. Nous installons directement la tente en arrivant et nous nous plongeons dedans. Le soleil encore présent nous permet de bien réchauffer la tente avant la tombée de la nuit. C’est tellement dommage ce petit détail car dehors c’est simplement magnifique et c’est vraiment le seul moment quand tu arrêtes le vélo où tu peux profiter pleinement de la beauté du paysage. Profiter sans avoir mal.  

Jour 208 : maison abandonnée en Bolivie

Ce matin est particulièrement difficile, nous nous levons essayons de nous réchauffer, il fait très très froid, la température est descendu en dessous de 0 degré. Ici les températures descendent généralement sous les -10 degrés. L’eau est gelée. Nous essayons de nous bouger pour ne pas avoir trop froid. Mais démonter le campement ça met du temps et quoi qu’il arrive tant que le soleil ne pointe pas le bout de son nez, tu as froid.

J’essaye de rester forte mais au bout d’une heure j’ai des larmes qui coulent, je n’arrive pas à les retenir. Je ne comprends pas pourquoi je souffre autant ici. Pourquoi je suis venue ici pour vivre ça. J’essaye d’arrêter de pleurer, Romain me console, c’est tellement dur pour lui aussi. 

Si nous voulons nous ravitailler en eau il faut fair gun détour de 4km, nous décidons de ne pas le faire et de compter sur les 4*4 pour avoir de l’eau pour les 2 prochaines journées. 

Nous roulons il fait toujours très froid. C’est très beau mais c’est toujours aussi dur. Une voiture arrive à notre rencontre, un couple seul avec son guide. Ils sont français. Ils nous demandent s’ils peuvent nous prendre en photo. Ils sont admiratifs. Bien souvent les touristes ici nous prennent furtivement en photo sans nous demander, on se sent parfois comme dans un safari. Eux sont très sympa et en plus ils nous offrent une bouteille d’eau de 1,5 litres, nous sommes aux anges.

La route continue donc sans devoir faire de détour. Mais ce n’est que du sable ici et ce n’est pas du tout plat. Ca monte un peu, ça descend un peu. Infernal dans le sable. 

Au bout d’un moment je regarde la sacoche arrière de Romain et je remarque qu’il n’y a plus la fameuse bouteille d’eau… Une dispute éclate, qui n’a pas bien accroché la bouteille… C’est une difficulté qui se rajoute à un moment très difficile de la traversée. Un moment nous prenons un chemin mais qui ne suit pas totalement la route que nous suivons jusque là. Le drame. Nous nous enfonçons dans un endroit qui n’est fait que de sable. 1km en 1 heure. Nous pleurons, nous jettons nos vélos. Nous sommes réellement à bout en plus nous nous en voulons l’un et l’autre pour la bouteille d’eau. Nous ne comprenons pas pourquoi nous n’arrivons plus du tout à avancer. Nous ouvrons une boite de thon et nous la mangeons avec des crackers, il y a trop de vent pour sortir la popote. Nous essayons encore d’avancer. Nous arrêtons un 4*4 pour lui demander si nous sommes sur le bon chemin, le guide nous dit que nous sommes bien sur le chemin qui mène à la laguna colorada, mais qu’il y a une ancienne piste tout à droite de là où nous sommes. Les 4*4 ne l’emprunte plus car c’est de la tôle ondulée. Voilà l’erreur, nous n’aurions pas du prendre le petit raccourci, qui n’a fait que nous rallonger en temps.

Terrible erreur qui nous coutera cher. J’ai mal au dos à pousser comme une dératée ce vélo qui pèse. Nous glissons dans le sable, mais nous parvenons à arriver sur la piste ondulée. Nous arrivons à rouler sans trop devoir pousser. Arrivés devant une maison abandonnée nous décidons de camper ici. 

Comme d’habitude nous devons poser la tente et nous poser dedans pour éviter d’avoir froid. 

Jour 209 à 210 : Laguna Colorada

Une étape de plus, une étape encore difficile. Sérieusement nous nous demandons comment on peut prendre du plaisir ici. Romain n’en peut plus de ce sable. Partir à vélo ici, sans gros pneu? Mais il faut être complètement taré. Il faut aimer se faire du mal.

Nous croiserons l’arbre de pierre sur notre chemin. 

Plusieurs routes s’offrent à nous et comme d’habitude c’est dur d’avancer. Nous nous arrêtons éreintés. Le vent s’est bien sûr levé. Ouverture d’une boite de thon et crackers pour le midi. 

Nous avons toujours l’impression d’emprunter la mauvaise piste. 

Mais ça y est après plusieurs heures d’efforts nous arrivons sur la laguna colorada, ici il faut payer l’entrée de ce parc. Ce parc s’étend entre la laguna colorada et les laguna verde et blanca. Pour profiter de la lagune il faut braver le vent fou et le sable qui te fouette, nous préférons trouver une auberge pour cette nuit. Il y en a 3, les 3 bâtîises de ce « complexe » sont des auberges pour touristes. Nous frappons aux 3 et les 3 sont complètes. Une nous dit qu’elle est complète mais nous propose une chambre pour 150 bolivianos la nuit, nous trouvons que c’est trop cher. Dans une autre auberge, la femme nous propose de dormir dans une petite pièce qui lui sert de pièce à stockage et à pause. C’est vraiment sale mais on dit oui, le lendemain elle pourra nous louer un lit. 

Nous lui commandons un repas pour le soir, pour enfin gouter autre chose que de la purée. Des pâtes ce serait le bonheur. Elle tient également l’épicerie de ce coin, nous pouvons y trouver quelques bières et des snickers. 

Vers 18 heures tous les 4*4 arrivent de leur journée de voyage au milieu des lagunes, nous avons le loisir de les voir prendre place dans ces chambres partagées rudimentaires, certains ne sont pas du tout enchantés. En plus il n’y a pas de douche. Ils ne sont pas trop fan de cette auberge. Ca nous fait rire car pour nous c’est du luxe. 

Nous allons rencontrer un groupe de touristes français. La soirée que nous allons passée avec eux va nous remettre d’aplomb, ils partagent leur repas avec nous. Mais pas de chance ce sera purée (XD)! Nous rigolerons bien avec ce groupe, Eric le guide est génial. Cette soirée sera vraiment celle qui nous fallait. Grâce à cette rencontre, à ce lâcher prise et surtout grâce à leur motivation, leur compliment nous allons nous faire un petit « reboot ». Nous discuterons tous les 2 de ce qui s’est passé ces 5 dernières journées de vélo. Nous allons nous remettre en question et nous poser réellement la question « est-ce qu’on continue »? La réponse était sans appel, oui nous continuerons. Mais il faut absolument que nous changeons notre comportement et nos pensées. Il faut que nous soyons plus positifs. C’est la seule et unique façon qui nous permettra d’y arriver et d’être heureux de l’avoir fait. 

Le lendemain c’est jour de pause, mais vu que nous avons l’habitude de nous réveiller aux aurores, nous allons pouvoir déjeuner avec Eric et ses amis. Nous allons profiter de la laguna Colorado qui est tellement belle sans vent. Tous ces milliers de flamants roses, les guanacos et les vigognes en libertés (les lamas sauvages), les oiseaux de toutes sortes et nous allons même avoir la chance d’apercevoir un renard de magellan qu’on ne trouve que dans les Andes. C’est une matinée incroyable. Avant que le vent ne se lève nous allons remplir la douche solaire et prendre une douche face à la lagune. Il fait quand même froid… 

Jour 211 : Laguna Chaiviri

C’est remotivés et boostés à block que nous repartons. Nous avons un col aujourd’hui, un col à 4900 mètres d’altitude. Je n’étais pas du tout sereine pour cette étape, j’avais vraiment peur de ne pas réussir à monter dans les temps.

Mais grâce à notre pause et grâce à notre remise en question, l’étape se passe sans trop de problème nous allons même plus loin que nous l’espérions. Nous le passons en 3heures et vu que nous sommes partis très tôt, tout se passe sans vent. Nous décidons de descendre encore et nous ferons une étape de 95kilomètres avec comme magnifique surprise des bains chauds naturels. Une piscine à débordement naturelle qui a pour paysage une lagune bleu turquoise et des milliers de flamands roses. Un spot exceptionnel. Nous nous sommes arrêtés dans un bain chaud qui n’est pas du tout prisé par les touristes. Du coup nous sommes seuls.

Puis nous prenons la direction du lieu où il y a 2 hôtels et un restaurant. Un des restaurants est en travaux et nous demandons au restaurant d’à côté si nous pouvons nous y installer. Il n’y a aucun souci. Nous nous y installons à l’abri du vent. 

Nous sommes un peu crevés mais l’étape s’est tellement bien déroulé que nous sommes assez contents. 

Jour 212 : Lagunas Verde et Blanca

Avant dernière journée de vélo. La souffrance va s’arrêter dans moins de 24 heures. Au réveil nous essayons de partir tôt mais nous trainons un peu. 

J’ouvre la porte du restaurant et je tombe par hasard sur Bryan. Incroyable. On se tombe dans les bras. 

Nous savions qu’ils visiteraient le Sud Lipez mais nous ne savions pas quand et on avait des chances de se croiser mais avec tout ce monde et toutes les pistes possibles à prendre, ce n’était pas si évident de se voir ici. 

C’est chose faite. Ils ont 20 minutes pour profiter des bains chauds. Nous nous racontons toutes les péripéties vécues chacun de nos côtés. Comme d’habitude nous rigolons. Ca fait du bien. Ils doivent partir très vite, le tour qu’ils ont choisi est vraiment chronométré. C’est peut-être la dernière fois du voyage en Amérique du Sud que nous aurons la possibilité de les voir. 

Petite anecdote, lorsque Noémie et Bryan repartent on rigole un peu sur le fait que le 4*4 était un peu vieux. Qu’ils allaient certainement laisser une roue dans le désert… Ca n’a pas manqué, ils ont perdu une roue et ils ont du aller chercher une roue de secours chez un autre 4*4 car le leur n’en n’avait même pas.

Après cette belle surprise, nous prenons un peu notre temps pour prendre des vidéos avec le drone. Mais il commence à faire des bug très bizarres depuis le bivouac dans la maison abandonnée. Du coup pas de vidéo et un drone qui ne fonctionne plus… Nous avons traînés encore plus et le vent s’est levé. La journée sur le vélo n’est pas encore simple.

Nous ne verrons pas les lagunes ce jour là mais le lendemain pour les derniers kilomètres jusqu’à la frontière. Nous nous posons dans le dernier spot de bivouac et mangeons notre dernier repas composé de thon et de purée. Mais attention, tous les soirs nous nous faisons plaisir en rajoutant du ketchup à la purée et ça ce n’est pas rien. 

Pour notre dernière journée dans le Sud Lipez nous profitons que le soleil soit assez haut dans le ciel pour bien apercevoir la couleur verte et blanche reflétait dans les lagunes. Les lagunes ont des minéraux qui leur permettent de ne pas geler et également de reflétait le vert ou le blanc quand le soleil est haut dans le ciel.

Juste en face de la lagune verte se trouve le volcan Licancabur, dont le point culminant se trouve à 5960 mètres, avec nos vélos nous restons à son pied. Mais ce paysage est une pure merveille.

C’est en quittant le parc que nous devons payer le prix d’entrée, 150 bolivianos pour traverser la réserve nationale de faune andine Eduardo Avaroa. Ce n’est pas très cher, 20 euros pour voir tout ce que l’on a pu voir, comme ces milliers de flamand de James, une des espèces de flamand les plus menacées mais que nous avons pu voir tous les jours où nous passions devant une lagune. 

Les douaniers sont apparemment de sortie, ils nous demandent nos passeport alors que le passage à la frontière est 12kilomètres plus haut. Nous sommes un peu méfiants mais nous leur donnons tout de même nos passeports et ils nous les tamponnent. 

Les 12 derniers kilomètres en Bolivie ne sont toujours pas reposant, nous avons le vent en notre compagnie, même si la piste est meilleure elle n’est pas non plus des plus facile.

Nous allons retrouver Ryan et Sylvan au poste frontière, ils attendent ici depuis 9heures du matin. Le poste des gardes frontières est bel et bien fermé. 

Sylvan et Ryan nous disent qu’ils ont abandonné la traversée du Sud Lipez, ils ont décidé de prendre un 4*4, ils n’ont pas pu se résoudre à pousser le vélo. Je ne vais pas vous mentir, c’est triste pour eux, mais ça nous a réconforté sur nos sentiments de ces 8 derniers jours.

Nos sentiments

Ah la Bolivie, un sacré pays! La première partie a été assez simple et nous avions trouvé beaucoup de plaisir à rouler.

Nous garderons certainement un de nos plus beaux souvenirs du tour du monde ici dans le Salar d’Uyuni, quand Romain m’a faite sa demande en mariage face à tout ce sel immaculé. 

Nous garderons également un souvenir impérissable, avec cette traversée du désert. Une expérience unique qui nous a permis de nous surpasser et nous apprendre à être de vrais campeurs de l’extrême. Comme vous aurez pu le lire, c’est une expérience qui nous a fait vivre les plus belles montagnes russes en termes de sentiments. Chaque sourire nous a demandé les efforts les plus durs de notre tour du monde. 

Les Boliviens que nous avons eu la chance de rencontrer sont assez timides mais très gentils si vous avez besoin de leur aide. Ils sont calmes. Mais puisque nous avons choisi d’emprunter un chemin plutôt désertique nous n’en n’avons pas rencontré énormément de Boliviens. Les touristes qui venaient découvrir le Sud Lipez en 4*4 étaient vraiment super, ils nous ont également énormément aidé. 

C’est un pays magnifique, ça c’est certain, si vous voulez voir des choses extraordinaires venez en Bolivie. Les paysages sont simplement spectaculaires. 

Catégories : Bolivie

6 commentaires

ROBERT · février 7, 2019 à 11:46

Vous êtes des fous :):):) Vous me faites flipper, et je pense que je ne suis pas le seul!!…que de belles photos et de belles aventures, celle du gros toutou noir je l’ai bien aimée…Fuerza Romano y Annia…Besos de Mayan

    ViA 2 Roues · février 7, 2019 à 3:28

    Bonjour Robert,
    C’est avec plaisir qu’on découvre que tu nous lis. Merci pour ce commentaire. C’est vrai que la Bolivie nous a bien fait flipper dans tous les sens du terme. Nous avons été surtout flipper de découvrir que des paysages comme ça pouvait exister et que ce n’était pas encore une grosse attraction touristique.
    Mais promis après ce passage, ce n’était que du plaisir.
    De gros bisous du Vietnam à vous 2!

Lionel yoyo · février 7, 2019 à 4:24

Hello super récit je viens de lire en direct du canada 🇨🇦 ou nous sommes depuis hier dans la neige magnifique
Bonne continuation c’est magnifique de vous suivre on a l’impression d’y être
Davai davai les amis Bizh yoyo

    ViA 2 Roues · février 9, 2019 à 11:30

    Salut Yoyo!
    Ah la belle neige du Canada ça c’est un truc à voir également. Profitez-en les amis!
    Aujourd’hui nous avons tout juste posé les roues sur le sol laotien. Les gens nous ont tout de suite tellement bien accueillis. Ils sont adorables depuis Hanoi on se régale de les voir nous sourire et nous saluer tout le temps.
    Davai davai! Bisous

LOUIS VIEL · février 8, 2019 à 10:19

On ne peut être qu’ admiratif pour toute cette énergie et ces belles pages de vie que vous êtes entrain de vivre ….vous aurez du mal à rentrer dans le moule dans quelques jours …..Bonne continuation et merci pour les futurs reportages

    ViA 2 Roues · février 9, 2019 à 11:33

    Bonjour Louis,
    Nous sommes surtout admiratifs de voir que vous nous suivez et que vous prenez le temps de nous lire.
    Peut-être que le moule peut un peu se déformer pour nous laisser une petite place?
    En tout cas on profite de nos moments ici en Asie du Sud-Est et nous verrons bien ce que nos caboches en diront du retour à la vie « normale ».

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