La Croatie nous en avons rêvé, on va le faire. Romain me raconte sur la route, qu’avec ses parents il avait passé un deal lors du passage de son brevet. Il devait partir en Croatie s’il réussissait à avoir son brevet avec mention (il ne l’a pas eu, il n’y est pas allé).

Dans nos têtes on arrive pour voir des plages paradisiaques, la fête, le soleil…

Mais comme tout le monde le sait rien ne peut être comme dans ton imaginaire. 

Voici l’histoire de notre traversée de la Croatie.

Jour 20 : Arrivée à Prezid en Croatie

Si vous vous rappelez bien nous arrivons à Prezid, au Turbo Bar. Nous devons rencontrer Zoran, patron du bar (grâce à Franc). Avant d’arriver au bar de Zoran, sur 1km nous passons devant au moins 3 bars. C’est un village qui a la culture du bar apparemment.

Nous arrivons à celui qui nous concerne, une serveuse nous accueille (elle ne parle pas anglais), elle demande à une cliente de l’aider à nous comprendre. Nous lui expliquons que Zoran devrait nous attendre aujourd’hui pour nous loger à Prezid. Elle nous jauge de la tête au pied. Les quelques personnes au bar fument et boivent de la bière. Ce sont en majorité des hommes (en tenu de travail style montagnard). Tous prennent des pintes de la bière locale et nous voir ici les fait apparemment rire. On ne comprend rien.

La serveuse essaye d’appeler Zoran, mais n’arrive pas à le joindre. Elle demande tout de même à la cliente de nous demander si nous connaissons le nom de famille de Zoran. Mais nous l’avons oublié et n’avons pas internet pour le lui montrer sur Facebook, il avait liké notre page, quand Franc lui avait parlé de nous.

Bon, tant que Zoran n’est pas là et que nous n’avons pas grand chose à faire ici (Prezid est un village frontalier de Croatie qui ne propose pas grand chose de spécial en terme de tourisme), nous allons essayé de nous fondre dans la masse et nous prenons une pinte pour 2.

C’est à ce moment seulement que nous nous rendons compte que la monnaie n’est plus l’euro mais le kuna. C’est bon, la serveuse accepte les euros ici (le paiement par carte ce n’est pas accepté). En même temps quand tu payes ta pinte 12 kunas (que tu comprends qu’un kuna représente 13 centimes d’euros) tu comprends qu’ils ne prennent pas la carte…

Bon, nous essayons donc de prendre les habitudes croates et buvons notre pinte, puis les suivantes, puis Romain passe au whisky 🙂 Ben oui, nous attendons,  ça va faire 2 heures. On se dit qu’il serait peut être temps de faire quelque chose. Nous commençons à avoir un peu la tête qui tourne. Nous sommes toujours habillés avec nos fameuses tenues de cycliste et on a faim. Dans le bar, mis à part la bière, aucune nourriture à l’horizon (en Italie ils te servent ton apéro toujours accompagné de quelque chose de solide à n’importe quelle heure) ici c’est ta pinte et ta pinte, c’est tout.

Nous contactons Franc par watsapp, il nous appelle, me demande de lui passer la serveuse. Ils discutent 2 minutes. Franc nous explique que c’est l’anniversaire de Zoran et qu’il se trouve qu’il est un peu parti le fêter. D’après ce qu’on comprend, il s’est mi bien pour son anniversaire et a oublié son téléphone. La serveuse parvient a avoir quelqu’un, elle nous sourit et nous dit que c’est bon. Tout d’un coup, une fille arrive parle à la serveuse, qui nous ramène la même tournée. C’est Carolina qui vient, la fille de Zoran. Elle a l’air très occupée. Elle nous dit qu’elle revient d’ici peu. 

Carolina revient, moi un peu pompette j’essaye de lui poser plein de questions avec mon super anglais sur la Croatie et sa vie. Quand j’ai bien fini de faire ma curieuse, elle nous accompagne dans une chambre un peu plus bas, juste à côté de l’appartement de son frère. Nous prenons une bonne douche, nous préparons un bon plat de pâtes et partons nous lover dans les bras de morphée.

Jour 21 : Prezid - Delnice

Nous partons de Prezid après avoir pris le temps de retirer quelques kunas (je n’y comprends pas encore grand chose à la conversion des euro en kuna du coup je laisse Romain gérait (il m’entube au début en me disant que c’est cher un article à 50 kunas) je n’ai jamais été l’amie des chiffres, psychologiquement quand tu vois écris 100 kunas tu n’es pas trop à l’aises, tu as l’impression que c’est cher).

Petit regret, nous ne rencontrerons pas Zoran. Nous l’appelons le matin, pour le remercier pour le logement et filons vers Delnice.

Le paysage est toujours vert et fabuleux. Le dénivelé est important mais nous apprécions pédaler. Les descentes sont fabuleuses. Nous rencontrons beaucoup de serpents sur la route. Les ours sont également présents dans cette partie de la Croatie. Nous arrivons à Delnice, nous commençons par chercher un endroit pour dormir. Le camping sauvage ne nous chauffe pas trop, avec les animaux qui peuvent se trouver dans la nature nous ne sommes pas encore trop téméraire. Nous commençons à faire le tour de la ville pour voir si nous pouvons trouver des hôtels, mais ils sont bien trop chers à notre goût. Nous remarquons qu’il y a beaucoup d’endroits où il y a écrit appartment. Nous décidons donc de frapper à l’un d’eux. Le premier est plein. Le second est aussi full, mais la petite dame, propriétaire d’un des appartments, décide de nous aider elle sort un prospectus de la ville (où il y a un tas d’appartments). Elle appelle l’un d’eux, elle nous dit qu’une femme va venir nous montrer le chemin pour le logement.

Nous dormirons dans une sorte de chambre d’hôte. La propriétaire nous demande nos passeports, la nuit est à 30 euros. Nous avons une chambre avec des lits simples, le wifi et la télé en croate ;-). L’hôte nous conseille quelques adresses pour nous restaurer. C’est sympa on a un toit mais on ne comprend pas encore comment nous allons parvenir à loger chez l’habitant s’ils louent tous des chambres.

Nous décidons que pour la prochaine étape nous prendrons 2 jours de pause en camping pour nous changer un peu du confort auquel on commence à s’habituer. 

Nous rencontrons Houcine et Camille, un couple de français au restaurant. La rencontre est un peu comique, nous arrivons avec nos vélos (sans sacoches, facile) Romain part dans un sens, moi dans un autre et là bien-sûr on se dit quelques mots gentils du genre « tu me saoules à partir là et toi là-bas… » blablabla. Romain rentre dans le restaurant tandis que j’essaye d’attacher les vélos. J’entends « c’est pas bon ici ». Je ne fais pas attention, encore une fois « c’est pas très bon ici », je lève la tête je cherche d’où ça peut venir et là je vois un couple assis. Je me demande si j’ai bien entendu, en effet j’ai bien entendu. On discute un peu avec eux, ça fait du bien de parler un peu français. Ils n’aiment pas les plats qu’ils ont choisi. Ils partent dans le village de Lokve pour voir la fête de la grenouille. Ils nous proposent de venir avec eux, nous avons peur de laisser les vélos, nous sommes fatigués et affamés… 

Ils sont là pour 1 semaine, ils font le tour de la Croatie en voiture. Nous ne les recroiserons donc pas. Nous nous installons tout de même dans le restaurant, après leur départ. Nous nous rappelons d’un très bon plat manger l’année dernière en Slovénie les cevapi, je prendrais donc ce plat et Romain aura une énorme pizza.

Sur les cartes des restaurants en Croatie, vous ne trouverez que très rarement des menus comme en France et ils ne sont pas très desserts apparemment. J’avais très faim, alors j’ai quand même pris un des 3 desserts proposés, Romain me suit on prendra un pancake au nutella. On s’attendait à un dessert plutôt bof, surprise, la serveuse nous ramène 2 belles crêpes chacun, remplies de nutella (même chez toi tu n’oses pas tant en mettre) et surtout (en France tu payes 2euros pour avoir une petite touche de chantilly) là on a une tonne de chantilly incluse dans le dessert. On rentre en se disant que si la Croatie c’est comme ça on va s’y plaire.

Jour 22 : Delnice - Klenovica

Nous avons décidé de prendre 2 jours de repos dans un camping tout près de la plage, pour profiter de la baignade et mettre à jour le site, dans la ville de Klenovica. Nous avons repéré un camping, nous nous disons que nous trouverons bien un emplacement pour la tente, arrivés là-bas.

Une dizaine de kilomètres après le départ, nous arrivons devant un mur, une côte entre 12 et 14 % sur 1,5 km. Au début, je pensais que ça ne durerait qu’une minute, je descend du vélo et le pousse. Mais je m’aperçois que ce sera bien plus long que prévu j’essaye donc de monter le mur à vélo (j’y arrive hourra trop fière).

En sens inverse, en milieu de côte, un groupe de cyclo descend. Une des femmes du groupe, dévale la pente, elle n’a pas de casque. D’un coup face à nous elle perd le contrôle du vélo, elle nous fait une retournée acrobatique, le vélo part en contrebas. Nous avons eu la peur de notre vie. Elle n’a rien quelques égratignures… OUF. Même si heureusement, cela ne nous est pas arrivé à nous et même si elle n’a rien eu, nous avons l’estomac retourné. Nous nous rappelons que le casque c’est vraiment important.

Nous continuons notre chemin est le paysage est fabuleux, l’arrivée sur la côte par le haut de la Dalmatie est tout simplement fantastique.

En quelques kilomètres, la flore change d’une façon étonnante (il reste toujours ces serpents partout) mais les feuillus et sapins laissent place à des arbustes et des cailloux. Une longue descente d’une dizaine de kilomètres nous laissent profiter de la mer et des efforts fournis pendant les 40 kilomètres du début d’étape.

La première ville que nous rejoignons sur la côte croate est Novi Novodolski, nous trouvons cette première ville charmante. Klenovica se trouver à une vingtaine de kilomètres plus loin. Nous pensions trouver une route assez plate et c’est pourquoi nous avions voulu continuer après Novi Novodolski. Nous nous sommes plantés, c’est très dur de continuer mais nous pensons à nos 2 jours de pause et on donne tout pour arriver au camping prévu.

C’est à partir de ce moment là aussi que nous réalisons que tous les villages de la côte se trouvent à une centaine de mètre plus bas, la route est toujours au-dessus et en vélo de cyclotouriste, tu ne t’amuses pas à descendre pour remonter comme si de rien n’était. Surtout à notre niveau la moindre erreur peut te coûter cher (physiquement et mentalement parlant). 

Nous continuons donc et descendons au village de Klenovica. Nous arrivons à la réception du camping qui se trouve fermée… En fait, nous avons été trop vite en besogne et nous n’avons pas lu sur le site que le camping n’ouvrait qu’à partir du 1er mai… (ou bien comme ce n’était pas écrit, cette solution nous parait bien probable) Nous sommes le 29 avril… Aie ! c’est dur. Nous arrêtons une voiture qui descend sur le camping, nous demandons aux passagers s’il est possible de camper en bas. Ils nous répondent qu’effectivement il est possible d’y camper sans problème qu’il nous reste plus qu’à poser la tente.

Nous continuons à descendre vers le camping, de toute façon nous n’avons pas la force de remonter. 

Nous arrivons dans ce camping fermé et à première vue laisser à l’abandon, les bungalows sont en place mais il y a des travaux un peu partout. Des camping-car sont garés dans divers endroits. On essaye de demander aux personnes installées si nous pouvons poser notre tente… Tout le monde nous dit que c’est tout à fait possible sans payer. Alors nous essayons de guetter un coin tranquille pour la nuit. Nous hésitons, nous ne savons pas trop où nous mettre pour être tranquille, la situation nous semble bizarre faire du camping sauvage dans un camping. 

Je suis un peu déprimée de trouver ça, car je sais que cela veut dire que l’on va devoir continuer pour trouver un autre endroit pour 2 jours de repos. Je suis crevée, Romain aussi. En plus nous n’avons pas de douche. Lorsque tu crois avoir une douche le soir c’est important pour le mental sur le vélo, quand tu arrives et que tu ne l’as pas c’est vraiment la « douche froide ».

Romain essaye de remonter le moral des troupes, il sait comment s’y prendre avec moi. Il m’achète un bon burek 😉 et nous buvons une bonne bière dans le bar du village.

La petite boulangère albanaise accepte que l’on remplisse notre douche nomade avec de l’eau chaude. Ouf, déjà nous allons peut être avoir une douche. On s’installe au bar, on regarde un peu les air bnb autour. Ce soir on se dit que rester dans le camping c’est tout à fait faisable. Par contre demain il faut repartir. Est-ce qu’on reste ici et on prend un appartment? Est-ce que l’on fait simplement quelques kilomètres (même quelques kilomètres avec les vélos chargés tu ne peux plus considérer la journée comme une journée de repos)…? Conséquence, tu perdras non pas 2 jours mais 3…

Bref, tout un tas de questions, Romain essaye d’y réfléchir. Moi je me dis que je ferai ce que Romain préfère… Je ne calcul pas si nous sommes en retard ou non sur le  planning (la seule chose que je sais c’est que nous devons être à Istanbul mi-juin).

Nous trouvons ensuite un bon spot pour la douche, tout va mieux après la douche. Par contre, pour la baignade l’eau est trop froide.

Nous repartons au camping. Je ne suis pas super sereine, il y a des gens de partout et surtout des personnes qui dorment dans les anciens sanitaires du camping qui viennent nous questionner sur notre présence ici. Nous ne comprenons pas trop car ils ne parlent pas anglais. Romain lui est plus inquiet par rapport aux serpents. Il faut vraiment faire attention à ne pas laisser la tente ouverte.

Nous nous couchons après un bon repas au réchaud. La nuit n’est pas reposante. Le mal de dos nous réveil tous les deux.

Jour 23 : Klenovica - Prizna

Le réveil est difficile et matinal. Nous n’avons pas beaucoup dormi.

Romain part à la recherche de croissant con chocolate à la boulangerie, il y en a encore ici.

Pour le moment, je prépare le reste du petit déjeuner et range la tente et autre affaires de camping. Nous repartons ensuite vers le village (à 5 minutes, il est déjà 9 heures) Romain commence à s’impatienter. Sauf que la veille nous n’avons pas préparé l’étape du jour. Nous devons donc rechercher où nous allons aller, connaitre le dénivelé de l’étape (pour savoir si nous sommes capable de le faire) et enfin trouver un logement.

Sauf que tout cela ça nous prend 2 heures, lorsque nous partons, il est déjà 11 heures. Nous nous enguelons pour le manque d’organisation de notre étape. Romain ne me sent pas du tout investi dans l’organisation et me reproche de me reposer sur lui. Avec la fatigue c’est le drame, la dispute est un peu plus forte que d’habitude. Du coup, ce sera une étape où l’on ne va pas s’adresser la parole pendant 50 kilomètres, il fait très chaud, nous n’avons plus rien à manger à part 3 bananes. Ce côté de la Croatie est beau mais infernal. Tous les villages sont en contrebas, ça monte et descend constamment même sur la route. Nous avons choisi de nous arrêter 2 jours à Prizna, c’est l’endroit où nous devrons ensuite prendre le ferry pour traverser l’île de Pag.

Romain est sur les rotules, je suis tellement énervée que j’avance plus vite. Nous nous reparlons peu de temps avant l’arrivée. Nous rencontrons un cyclo canadien qui nous dit que nous arrivons bientôt sur des routes avec un peu moins de dénivelé. OUF. 

Nous arrivons sur Prizna, le panneau indique des endroits pour dormir, se restaurer… Nous espérons trouver l’appartment que nous avons loué assez vite, prendre une douche et acheter de quoi tenir 2 jours sans sortir à plus de 500 mètres. Nous avons envie et besoin de repos. 

Nous arrivons à l’appartment assez facilement, nous l’avons choisi par rapport à la vue qu’il donnait sur la mer. Nous sommes accueillis par un propriétaire qui arrive avec un seau rempli de poulpe fraîchement harponnés. La chambre est petite mais ça ira. Il nous montre très vite le coin douche. Il y a une odeur assez bizarre. Bon on fait vite, on verra plus tard. Nous demandons au propriétaire où est-ce que nous pouvons faire nos courses. Il nous répond qu’ici il n’y a rien, il faut soit repartir en haut et continuer 20km ou prendre le ferry et aller à Novalja sur l’île, 10km après le ferry… Aïe, la claque. La veille nous avons cuit toutes les pâtes que nous avions. Nous n’avons plus rien à manger. Nous sommes tellement fatigués, il est impossible pour nous de faire tout ce chemin… Nous sommes décomposés. Il nous indique qu’ici nous pouvons aller à la buvette pour prendre des croissants sous vide, des chips et des bières… Même la bière ne me fait pas tant plaisir!

Notre repas sera donc composé de chips croates (un goût bizarre, il y a toujours un goût différent pour tous les aliments que l’on pense équivalents à ceux de France) et nous boirons des bières. Le propriétaire ne nous propose pas de nous venir en aide. Nous essayons de relativiser, la vue est superbe et nous avons tout de même le luxe d’être ici.

Le fond de la douche est rouillé et le lit est horrible, ce sont des matelas fins posés sur une planche de bois. Les draps sont tout petits (pas de drap pour 2). 

Jour 24 : Prizna - Novalja - Jour de repos

La nuit n’est pas reposante. En Croatie, ils n’ont pas la culture des volets. Donc nous sommes réveillés par le soleil :-). Petit déjeuner à l’arrache, nous partons prendre le ferry avec les vélos pour faire les courses à Novalja. Nous vérifions tout de même que l’on ne peut pas annuler cette réservation. C’est bien possible mais pour le prix des 2 nuits à venir… Le choix est vite fait. Nous prenons des sacs à dos pour les courses.

La route est assez difficile, le dénivelé sur 3 km est assez dur. A Novalja, nous apprenons que c’est là que tout se passe, les spring break, la fête et que c’est là que les touristes sont. Mais seul bémol, le temps est maussade et en plus au mois de mai ce n’est pas encore la saison (il n’y a pas beaucoup de monde). Donc ça reste un peu tristounet. Nous mangeons au restaurant à midi. Puis nous faisons le tour du village, nous avions prévu de nous baigner l’après-midi, mais le temps ne s’y prête pas. Nous allons donc faire nos courses et nous essayons de repartir vers le ferry.

Je propose à Romain de faire du stop, on ne sait jamais si on nous prenait, nous aurons 7km de moins à faire (avec de la côte). Un homme de 60 ans dans un scenic, s’arrête, avec son petit chien, pacha. Nous n’arrivons pas à voir comment nous allons réussir à mettre les vélos, nos courses et nous même dans la voiture…. Mais le tout rentre et nous partons avec lui en direction du ferry. Ca le fait bien rire de nous voir faire du stop avec nos vélos. Il est aussi un peu dubitatif sur le fait que nous logeons à Prizna. Il nous demande si nous pouvons annuler notre réservation car lui a des appartments à Novalja. Dommage, ce n’est pas possible. On discute bien avec lui, il est sympathique et intéressant.

Tout ça nous remonte le moral, on a le tout pour profiter de notre deuxième jour de pause. Nous avons réussi à nous économiser un peu de vélo. On essaye de profiter de tout cela. Nous avons une belle terrasse avec une superbe vue. Nous avons le wifi nous pouvons regarder un film et nous endormir tranquillement.

Jour 25 : Prizna - 2ème jour de repos

Nous prenons un bon petit déjeuner face à la mer. C’est beau. Nous allons nous baigner, le temps s’est amélioré.

J’essaye de me remettre un peu en question vis à vis du fait que je me laisse un peu trop porter. Romain s’occupe de tout (de l’itinéraire, de choisir où nous allons dormir) et moi je le suis. C’est vrai que ce n’est pas facile de préparer les étapes à venir, ça demande du temps et de la réflexion. En même temps je suis vraiment crevée et ça m’importe peu de l’endroit où je serai le lendemain. Dans ma tête je cible quelques endroits que je souhaiterai voir, comme Split et Dubrovnik. Mais comme ma grand-mère me dit sur skype quand on s’appelle si tu t’en fous d’où tu vas, tu aurais aussi pu rester en France. 

Ca me fait réfléchir.

La journée se passe bien, on part sur notre petite plage privée (en béton). C’est tout de même très beau.

Jour 26 : Prizna - Razanac

Nous prenons notre petit-déjeuner et avons décidé de prendre un camping à Razanac, à 20km de Zadar. Pour pourvoir profiter de la ville de Zadar le lendemain après-midi.

Le propriétaire s’en va vers 8H30, en me disant de laisser les clés sur la porte, il ne nous demande pas si le séjour s’est bien déroulé, ne nous dit même pas au revoir (son appartment s’appelle Villa M Prizna).

Le temps est mitigé aujourd’hui. Nous roulons jusqu’au village de Pag, où nous prenons notre salade pour le déjeuner (composée de maïs, thon et tomate et un stick de mayo). Le vent souffle, le ciel est menaçant. Personne aux alentours. Nous faisons une petite sieste sur nos chaise helinox. 

Nous repartons pour essayer d’arriver à Razanac vers 16 heures. Mais sur le chemin, une averse torrentielle nous trempe de la tête au pied. Nous essayons de trouver refuge sous un abri bus, car ce n’est pas agréable de rouler sous la pluie à côté des voitures, c’est un peu dangereux. Comme par hasard, nous nous retrouvons juste à côté d’une femme dans sa petite cabane qui vend un fromage réputé de l’île, le paski sir. Nous en prenons 200 grammes pour le goûter. A vrai dire, nous n’avons pas grand chose à envier aux croates, nous pensons qu’il a le même goût que le fromage basque. Mais nous sommes là pour apprendre un peu de la culture des autres et arrêter de nous focaliser sur ce que nous trouvons en France. 

Nous reprenons la route malgré la pluie qui s’abat toujours. Nous roulons assez vite. Sur la route nous croisons un couple en sens inverse, qui a l’air d’avoir trouvé un endroit pour s’abriter. Nous nous disons qu’ils auraient pu nous inviter à les rejoindre. Mais bon nous roulons assez vite.

Nous arrivons tout trempe à Razanac. Nous essayons de trouver un appartment pour être à l’abri ce soir, surtout que c’est la demi-finale de l’Europa ligue, l’OM joue. On a besoin de wifi. Nous essayons de demander aux habitants s’ils louent des chambres, apparemment pour 1 nuit ce n’est pas dans leurs cordes. Nous frappons à quelques portes, le prix est d’environ 70 euros. Ce n’est pas du tout raisonnable. Le ciel se fait menaçant. 

Nous nous rendons à l’évidence, ce sera camping ce soir, en espérant que l’orage soit clément avec nous.

Le propriétaire du camping est vraiment sympa mais ne comprend pas un mot d’anglais. Le camping est très bien entretenu. Il nous montre de la main un couple assis sous une véranda, nous allons les voir. C’est un couple de polonais en vacances. Nous essayons de voir où l’on pourrait assez vite poser la tente. Le wifi a eu un problème à cause de l’orage, il faut donc que l’on se place juste à côté de la maison du propriétaire. Heureusement il n’y a personne à cette époque de l’année, nous pouvons donc nous y installer sans problème.

Il commence à faire froid dehors, il faut prendre une douche pour se réchauffer. J’y vais en première. En sortant, Romain parle avec un couple, en français. C’est eux que nous avons vu en sens inverse sur la route. Laura et Pierre ont fait comme nous ils ont essayé de frapper aux appartments, ils ont peut être eu plus de chance que nous, un enfant leur a ouvert, il leur a proposé de revenir quand ses parents seront là. Ils sont logés là bas, ils nous invitent à manger avec eux. Mais l’orage s’est abattu de plus en plus fort en 10 minutes. La tente est déjà montée et j’ai sorti  la popote. Quelques secondes dehors et nous serons de nouveau tout trempés. On décline l’invitation. Mais le lendemain ils ont également prévu de partir visiter Zadar. Nous nous retrouverons donc demain pour faire les 20 kilomètres restant.

Fatiguée, je m’endors assez vite sous la pluie battante. Romain lui a encore l’énergie pour  regarder le match. Encore un super match, il est vraiment content, il se retient pour ne pas sauter dans notre tente de 4m2. La pluie cesse vers minuit. 

Jour 27 : Razanac - Zadar

On se réveille d’une nuit assez calme et agréable. 

Pour faire sécher les affaires, je m’étale un peu partout, c’est un sketch. J’ai vraiment besoin de m’étaler pour me sentir chez moi. Bon j’essaye quand même de ranger petit à petit. Nous nous sommes donnés rendez-vous à 10 heures avec Laura et Pierre.

Ils arrivent vers 9H45. On finit vite de se préparer pour partir. 

En Croatie, il n’y a pas de warmshower et nous avons payé l’application coushsurfing (54 euros) pour pouvoir envoyer des messages à tous les coushsurfers en Croatie. Nous n’avons eu que des retours négatifs. Nous sommes un peu déçus, nous n’arrivons pas à rencontrer des personnes en Croatie sans payer. En plus quand on paye un appartment, tous les propriétaires rencontrés ne s’intéressent pas et ne nous expliquent pas trop ce qu’il y a à faire ou voir dans leur ville. Les échanges sont brefs.

Ce soir nous avons réservé une auberge de jeunesse à Zadar. La route se passe bien. Il y a simplement les 3 premiers kilomètres qui sont un peu durs. Comme d’habitude le village de Razanac se trouve sur la côte en contrebas. Il faut tout remonter c’est un peu raide. Romain est content il peut pédaler un peu plus vite tout en discutant avec Pierre.

La vieille ville de Zadar est très belle, j’adore cet endroit. C’est une ville qui vit la nuit, il y a beaucoup de jeunes. Nous entendons beaucoup parler français. Ce soir nous mangerons au restaurant. Nous prenons des pizzas (elles sont super bonnes). Nous passons une super soirée. 

Laura et Pierre ont préféré chercher un autre endroit pour dormir. L’auberge de jeunesse, où nous logeons s’appelle Tequila Bar Hostel, si vous voulez faire la fête pendant un week-end prolongée avec des potes c’est un super endroit.

Jour 28 : Zadar - Sibenic

Nous repartons à 4 jusqu’à Sibenic. Nous comptons prendre une location à 4 pour avoir un prix plus attractif. Surtout que nous comptons rester 2 nuits au même endroit, ce qui nous permettra de voir le parc national Krka.

Nous avons 75km à parcourir. On roule assez vite. Laura et Pierre sont sportifs, ils ont une très bonne condition physique, ils pratiquent quotidiennement du sport en tout genre. Pour le moment on suit bien. 

On fait une petite pause au bord de l’eau, c’est un bel endroit.

Nos chaises font fureurs, Pierre en tombe amoureux. Prochain achat, pour leur prochain voyage en vélo. C’est leur troisième. Ils ont 3 semaines pour découvrir la Croatie en vélo cette fois. Avant de nous rencontrer, ils nous annoncent qu’ils ne se sont pas arrêtés depuis 10 jours… Wouah, ils sont forts. Nous sommes impressionnés. 

C’est vrai que nous aussi nous sommes bien contents d’avoir ces chaises chair one,  manger sur le sol (après 2 heures de vélo ou 5 heures) ce n’est pas reposant.

On se reparle du moment où l’on s’est vu sur l’île de Pag, lorsqu’ils avaient trouvé un endroit pour s’abriter de l’orage. Eux, ils ont tout de suite vu qu’on était français, grâce à nos drapeaux. De leur côté ils se sont dit qu’on aurait pu s’arrêter pour causer un peu. On rigole bien, une situation est tellement vécue différemment de part et d’autre.

Nous sommes sur la même longueur d’onde, on se dit tous les 4 qu’on pourrait continuer pendant encore quelques kilomètres à rouler ensemble.

Nous partons de notre plage, sous la pluie et quelques grondement de tonnerre. Tout se calme dans la demi heure suivante.

Nous arrivons sur Sibenic, Laura et Pierre choisissent souvent leur logement en arrivant sur place. Nous nous sommes un peu plus prévoyant (pour ne pas devoir perdre trop de temps sur place alors que l’on sait que nous ne dormirons pas en camping sauvage ou chez l’habitant). Nous avons 2 logiques assez différentes. Pierre nous apprend qu’en Croatie, il faut vraiment éviter de faire du camping sauvage car c’est interdit et punit très sévèrement. Romain et moi nous sommes bien content de ne pas l’avoir testé. Pour dormir chez l’habitant, impossible, ils louent tous une chambre quelque part.

Cette fois, Romain a trouvé un super petit endroit pour passer les 2 prochaines nuits. Laura et Pierre essaient de trouver autre chose, ils ne trouvent rien de bien intéressant au même prix que nous. Nous sommes sur les hauteurs de Sibenic, nous avons une vue magnifique. Cette fois le propriétaire est un peu plus sympa (en plus). Nous n’avons pas de cuisine par contre, nous utiliserons nos réchauds. On a 2 popotes, ce qui nous permet de nous préparer une bonne carbonaro à la croate pour 4 (le lard n’était pas top, en même temps à 14 kunas Pierre aurait pu s’en douter 😉 )

Nous visitons le vieux Sibenic, c’est petit et mignon. Il y a deux mariages célébrés ce jour là.

La soirée se déroule comme si nous étions en vacances avec de vieux amis. Nous comparons notre matériel. Nous trouvons des astuces chez les uns et les autres.

Jour 29 : Sibenic - visite du parc national Krka

Nous sommes partis visiter le parc, il est très beau en soi. Mais le prix est un peu disproportionné par rapport à ce qu’on y trouve. Au mois de mai, nous avons payé 110 kunas, en haute saison vous paierez 200 kunas. Il y a quelques infrastructures à entretenir mais le prix nous parait tout de même excessif pour un endroit naturel.

Nous ne sommes pas trop déçus, ça nous permet de marcher une vingtaine de kilomètres. Le soleil est au rendez-vous, je commence un peu à fatiguer. Romain également. On se pause pour déjeuner. La ville de Sibenic n’a mi en place que 2 bus. Un à 9 heure pour se rendre au parc, un autre à 17 heures pour revenir à la ville de Sibenic. Le parc se trouve à une 15 kilomètres environ. Il est 14 heures nous avons terminé de déjeuner. Nous avons visité le parc. Nous aimerions tous rentrés. Nous décidons de faire du stop pour revenir à Sibenic. Nous marchons, on nous klaxonne mais personne ne nous prend. 2 kilomètres plus tard, nous sommes pris par un homme qui travaille dans le parc, il a finit sa journée.

Il essaye de nous faire la blague de la panne, on rigole. Les croates ne mettent pas leur ceinture de sécurité. On voit quelques taches de sang sur le plafond de la voiture. Le conducteur nous explique qu’il a eu un accident, que tout va bien, que ses jambes et ses bras vont bien c’est seulement la tête qui a prit. AH AH AH. On rigole bien. Au début, il voulait nous poser à 3 km de Sibenic, il finit par nous apprécier et nous approcher un peu plus.

Cette marche nous a bien crevé Romain et moi. On essaye de se reposer avant la reprise du vélo le lendemain.

Jour 30 : Sibenic - Split

Ca fait 1 mois qu’on roule.

Pierre qui s’y connait bien en vélo (il a bien amélioré leur 2 vélos de voyage) me règle la position de mon guidon, je lui ai parlé de mes problèmes de mains (qui persistent). Avant le départ, nous essayons de voir quelle pourrait être la position la plus adaptée pour ne plus avoir tout le poids sur mes mains.

Nous avons 75 kilomètres à parcourir. La chaleur me donne un peu de fil à retordre. Ca continue à monter et descendre. Le rythme est assez soutenu. La première partie de l’étape est verte, après la pause on arrive dans une zone aéroportuaire et ensuite une zone industrielle. Autant vous dire que c’est très moche et la circulation infecte.

Pour la pause du midi on s’arrête à Trogir, c’est un joli petit endroit. On trouve une jolie plage. On s’y baigne. On profite.

Sur la route, Laura me demande si je vais bien, je lui fais signe que c’est coup ci coup ça et là une femme sur son porche à moitié déshabiller commence à nous dire tout un tas de choses incompréhensibles et essaye de nous cracher dessus, je lui dis que tout compte fait je vais bien, nous rigolons bien de la situation.

L’arrivée à Split est difficile comme toute arrivée dans une grande ville. Il y a beaucoup de circulation, beaucoup de piéton et il faut savoir où nous allons. Nous avons choisi de pratiquer la méthode de Pierre et Laura qui consiste à arriver dans la ville et trouver où loger à ce moment. Ils voyagent avec le guide Michelin sur la Croatie (qui recommande pas mal de petits endroits sympas) et une carte routière du pays. Ils ont également des forfaits téléphoniques français normaux (pas comme nous avec nos forfait à 2euros avec 50MO et 10 euros le MO supplémentaire) ils ont donc accès à internet. Tout cela nous facilite grandement la tâche et surtout Romain arrive à profiter et se reposer un peu plus sur Pierre pour l’itinéraire.

Nous trouvons un appartment super stylé sur booking pour moins de 40 euros la nuit, pratiquement dès qu’on arrive. 

Nous flânons dans la vielle ville, c’est un jour de fête à Split. La Sudamja, fête de la ville de Split et de son saint patron le Saint Domnius. Il y a donc une grande ambiance festive, tout le monde est sur son 31. Pour cette fête, ils jouent tous à un grand loto. J’adore cette ambiance. Nous faisons encore une folie, on se fait un petit restau tous les 4 dans un restaurant quali de la ville, les quantités ne sont pas celles attendus par un cycliste AH AH AH, le goût n’était pas non plus fantastique. L’addition était assez élevée.

On essaye de se renseigner pour le lendemain, car nous souhaitons aller visiter l’île de Hvar. Avec des vélos c’est un peu plus compliqué que pour des simples piétons. Il nous faut prendre un ferry qui part pour Stari Grad, qui se trouve à 20 kilomètres de la ville de Hvar. Nous nous renseignons également pour la suite des étapes, nous souhaitons savoir s’il est possible de partir de la ville de Hvar avec nos vélos pour l’île de Korcula et ensuite pour l’île de Mijet. Tout semble ok, nous partons tranquillement terminer notre soirée dans Split. Que ce soit Zadar ou Split, je les conseille vivement à visiter. Mais également y venir entre amis pour y faire la fête. Ce sont vraiment des endroits qui s’y prêtent. 

Jour 31 : Split - Hvar en passant par Stari Grad

Nous quittons Split par le ferry, à 8h30. La fatigue s’installe tranquillement. Les 2 heures de bateau n’arrange rien. J’ai envie de dormir. 

Depuis que nous sommes avec Laura et Pierre nous partons tôt le matin, nous parcourons pratiquement plus de la moitié du parcours avant la pause déjeuner et c’est vraiment pas mal cette rigueur. Ca laisse le temps de bien profiter de l’après-midi.

J’espère garder la même rigueur quand on sera que tous les 2 à nouveau, avec Romain.

Normalement c’est une petite journée de vélo qui s’annonce, 25 kilomètres. Mais c’est tellement dur, le dénivelé est trop important. En plus, c’est un peu dégouté que nous remarquons qu’avec des vélos aussi chargés il est inhumain de descendre se baigner sur les belles criques de l’île. 

Aujourd’hui j’ai mal au ventre… Je commence à être de sacrée mauvaise humeur. 

Pierre trouve une clique assez sympa et rien que pour nous, un peu moins difficile d’accès. Mais tout de même c’est dur. 

Après une pause de 3 heures, nous nous remettons en route pour finir la journée. Nous devons aller à Hvar, trouver un endroit pas trop cher pour loger. Au début, nous comptions camper dans un camping, mais ils sont mal placés. Nous galérons pour trouver un appartement, on frappe à toutes les portes. Au bout d’un moment, nous arrivons à trouver 2 chambres pour 20 euros chacune. Nous partons prendre l’apéro sur le bord de l’eau pour laisser le temps à la propriétaire de faire le ménage des chambres.

La perspective de la journée de demain, visite de la ville de Hvar et plage. Tout cela me donne du baume au coeur. Romain nous achète un burger pour le dîner du soir (le gout de la viande est bof) mais c’est tout de même pas mal. 

Jour 32 : Hvar - Sucuraj

Le réveil se fait avec la pluie (ça commence à faire beaucoup). Ca annonce un changement de plan. La plage ce sera pour une prochaine. Visiter la ville sous la pluie encore c’est possible mais ce n’est pas le plus amusant. 

Romain nous achète des croissants. Le petit déjeuner est sympathique

La propriétaire commence à faire le ménage dans la chambre d’à côté. Nous regardons la météo, le temps devrait s’améliorer après 13 heures. Cela nous laissera quelques heures pour visiter la ville de Hvar. Dans la conversation nous évoquons le ferry pour Korcula. Nous nous disons que si l’on pouvait rester dans la chambre jusqu’à midi ce ne serait pas du luxe pour éviter d’être mouillé dès le matin. La propriétaire comprend un peu nos plans, mais nous dit qu’elle pense que nos vélos ne seront pas pris sur le ferry de 17H30, selon elle c’est le ferry de ce matin qui était fait pour les vélos… Aïe, aïe, aïe on espère qu’elle se trompe. Elle appelle la compagnie de ferry et revient avec la mauvaise nouvelle. Ca ne nous fait pas rire, mais on essaye de voir quelles solutions existent. 

Déjà, nous allons voir la compagnie qui nous a donné les mauvaises infos la veille à Split. On pense aussi au bateau stop, nous sommes super optimistes, à 4 avec 4 vélos ! Enfin dernière solution, traverser l’île jusqu’au bout (80 km) pour revenir sur la côte croate (solution qui ne me donne pas du tout, mais pas du tout envie). 

Au desk de la compagnie, la femme (très gentille pour une croate) appelle le commandant. Il accepte de prendre nos vélos pour le même prix que pour une personne (le double tout cela en cash sans reçu). Nous en discutons… Partir sur l’île de Korcula à 17H30, nous ferait arriver à 19heures. Soit, nous visitons Korcula dans la soirée et repartons le lendemain à 10H pour l’île de Mijet. Soit, nous prenons à nouveau une journée sur Korcula, puis le surlendemain nous reprendrons le ferry pour Mijet. Tout cela va nous coûter un peu d’argent et notre expérience sur l’île de Hvar n’a pas été concluante, tout a un prix très élevé et les appartments sont rarement loués pour 1 nuit sinon c’est très cher. Hvar c’est un peu notre Saint-Tropez, en termes de jet set.

Nous rencontrons Mathieu, un bikepacker, en vélo de route et avec le moins de bagages possible. Il visite la Croatie en solo (ses potes de route l’ont lâché au dernier moment) il tente de le faire tout de même seul. La Croatie, il en garde pour le moment le même sentiment que nous, les croates ne sont pas super souriants et encore moins accueillant. Il nous offre le café. 

Son vélo et le peu de bagage qu’il a, nous donnent envie. Il parcourt entre 150 km et 200 km par jour. Il revient au bout de l’île aujourd’hui. 

De là on commence à s’emballer et se dire que peut-être, la meilleure des solutions serait de quitter les îles croates et revenir sur la terre ferme. 

C’est ce que nous décidons de faire. Nous mangeons et partons faire 80 km à 13 heures.

Nous nous le regretterons pas, les paysages de cette île sont très beaux contrairement à ceux de l’île de Pag que nous avons beaucoup moins apprécié.

Dans ma tête je ne les avais pas prévu ces 80 bornes, mentalement c’est très difficile pour moi. Ce n’est pas plat, donc pas simple. Personne ne m’a obligé à le faire mais j’aime bien être prête dans la tête, la veille au moins à encore faire du vélo le lendemain.

Laura, Pierre et Romain arrivent à rouler tous les 3. Ils se motivent. Je n’arrive pas à parler, ça m’énerve, je suis jalouse de voir que tout le monde va bien et pas moi. Enfin en tout cas ils arrivent à rouler sans montrer que c’est dur. Alors je roule mais je n’y prend aucun plaisir, sauf à la fin quand je vois le beau paysage qui m’est offert. J’ai un caractère à la con, je n’arrive pas à relativiser. Si je suis là c’est que je l’ai choisi et même si c’est parfois dur le vélo c’est quand même une chance qui m’est offerte de voir tout ça.

C’est là que je mérite un petit coup dans le derrière. Faut ouvrir les yeux et arrêter de faire la gamine capricieuse. J’essaie de faire l’effort mais c’est compliqué. Il me faudra un peu plus de temps je pense.

Nous louons une chambre à Sucuraj. Nous prendrons le ferry demain pour Drvenik et nous comptons dormir en Bosnie Herzegovine (à Neum).

Jour 33 : Sucuraj/Drvenik CROATIE - Neum BOSNIE HERZEGONIVE

Jour 34 : Neum BOSNIE HERZEGOVINE - Dubrovnik CROATIE

Nous repartons en direction de Dubrovnik, il nous reste encore 6km à parcourir en Bosnie.

C’est une étape qui nous demande encore du physique. Romain recommence à avoir mal au genou. De mon côté je suis toujours crevée. Nous décidons avec Romain de ne pas nous arrêter à Dubrovnik pour une pause (comme nous avions prévu au début) notamment par rapport au coût des chambres. Laura et Pierre continuent en direction du Monténégro pour voir la ville de Kotor avant de repartir pour le chemin du retour en France. Nous décidons donc de continuer avec eux et de prendre 1 jour à Kotor au Monténégro.

Après la mauvaise expérience pour la chambre en Bosnie, nous essayons de trouver une chambre à Dubrovnik pour un prix raisonnable. Nous essayons de trouver ça au plus près de la veille ville, pour en profiter au moins le soir. 

Le premier propriétaire qui nous fait visiter ne nous donne pas envie de louer sa chambre. Il vanne Romain et Pierre quand ils lui disent que nous avons fait 70km, il leur dit que ce n’est rien… Un peu kéké le mec.

Nous trouvons un logement sur Airbnb.

Ce soir là nous mangeons dans un très bon restaurant le Kamenice. C’est vraiment très bon et nous sommes bien servis en quantité. Par contre, comme d’habitude nous sommes servis sans sourire et fioritures. On essaye de se dire qu’il ne faut pas généraliser mais vraiment que c’est dur de voir des personnes qui ne te parlent pas, qui te répondent par monosyllabe et qui n’ont aucune envie de te sourire. Quand on dit « ils nous traitent comme des touristes », sérieusement est-ce qu’être un touriste c’est mal? On vient pour découvrir leur pays, leur culture. Mais vraiment les croates ne nous ont pas donné envie de les découvrir. 

Cependant encore une fois, la ville de Dubrovnik est magnifique. Une ville parfaite pour une semaine de vacances.

Nos sentiments

C’était les montagnes russes cette traversée de la Croatie. Géographiquement, c’est un pays compliqué, morcelé, tu dois toujours réfléchir à tout avant de te lancer sur la route.

C’est un très beau pays, mais on ne le vous conseille pas à vélo. Nous pensons que nous aurions pu apprécier la Croatie en voiture, en vélo parfois nous avons oublié de profiter des paysages qui s’offraient à nous.

Les croates ne nous ont pas fait bonne impression, mais ne nous voulons pas et ne devons pas généraliser. 

La rencontre avec Laura et Pierre nous aura faite du bien. Nous avons eu l’impression d’être en vacances entre amis. Ils nous ont appris énormément de choses, que ce soit au niveau du vélo ou du bivouac. C’était très intéressant, une super rencontre, on espère les revoir en Haute Savoie.

Mais nous n’avons pas su gérer mieux notre effort quand nous roulions avec eux, ce qui fait que pour ma part je me suis sentie vraiment fatiguée à la fin.

Notre couple prend une grande claque, nous devons changer notre façon d’être. Nous ne vivons plus dans notre quotidien et nous voyons bien que nous arrivons vite à fleur de peau dans les circonstances de notre voyage. La communication est mauvaise entre nous… Hors de notre zone de confort rien n’est plus pareil. Nous avons tout de même un atout avec Romain c’est notre franchise. Nous nous dirons les choses même si cela prend du temps, elles seront mises sur la table et nous trouverons une solution. Nous nous ne voyons pas abandonner le voyage ni l’un ni l’autre mais surtout nous nous ne voyons pas le faire l’un sans l’autre. Seul nous irions plus vite, mais à deux nous allons bien.

Catégories : Croatie

11 commentaires

Carmille jeanine · mai 19, 2018 à 9:34

Bon courage Ania pour continuer ton journal bisous Jeanine.

Agathe Decousset Ferrari · mai 22, 2018 à 7:20

Courage les amoureux ! De toute façon c’est malsain un couple qui ne se fâche pas ! On compte sur vous pour nous faire encore voyager un bon bout de temps alors du nerf, enfin de la cuisse aussi ! 😂😝 🚴🚵💪💪👏

    ViA 2 Roues · mai 24, 2018 à 6:58

    Merci Agathe ! Nous trouvons une autre façon de communiquer et nous nous accordons sur le quotidien. Pour le moment nous continuerons à pédaler. Dans quelques heures nous serons en Grèce 🙂 Bisous à bientôt.

vincent et christine · mai 24, 2018 à 7:33

Ce sont aussi les moments difficiles qui, en voyage, permettent d’encore plus apprecier les beaux moments. Bon courage a vous [mais vous n’en manquez pas]. On pense bien a vous.

    ViA 2 Roues · mai 25, 2018 à 3:31

    Coucou Christine et Vincent, c’est vrai que nous nous en souviendrons de ces moments et nous sommes contents de les avoir vécus 😉
    Nous sommes à côté des météores (à Grevena). Nous avons la pluie et ne trouvons pas d’endroits pour dormir (ça aussi ce sera un moment difficile à passer mais on s’en souviendra). Merci pour les commentaires ça nous fait du bien. Gros bisous à vous 2 et bien sûr à Jeaninne et Zeze.

Christine et Vincent · mai 25, 2018 à 6:58

Souvent, quand on voyage, les moments difficiles permettent d’encore plus apprécier les beaux moments, mêmes fugaces. Bravo pour votre parcours. Siete in gamba. Vive l’aventure !!! On pense à vous. Bises

Smith · mai 25, 2018 à 4:11

Courage Ania et merci à vous deux de me faire découvrir ces merveilleux pays que vous êtes en train de traverser je vous fait pleins de bisous

    ViA 2 Roues · mai 26, 2018 à 8:14

    Coucou Marie!! Merci ! On pense à toi! On te fais d’énormes bisous également!

Claire · mai 29, 2018 à 7:24

Oh la la
Que ça à l air difficile
Que vous êtes courageux
En effet je pense que partir tôt et arriver tôt c est bien… vous connaissez mes habitudes🤣🤣😊
Eh bien ici Tom danse le floss tous les jours et on a l impression d être avec vous
De grosses grosses bises
Claire Julien Emilien Tom

    ViA 2 Roues · mai 30, 2018 à 3:10

    Coucou les couz!!!
    Nous avons un bon rythme en ce moment! 😀 Nous sommes à Athènes et nous y restons jusqu’à dimanche soir avant de prendre le ferry pour la Turquie!! Nous pensons très souvent à vous ! Le skype nous a bien fait plaisir. Annia est tombée malade (ce jour là) on est resté un jour de plus sur le lac d’Orhid. D’ailleurs nous avons encore fait la même (qu’avec vous quand Romain est venu pour la première fois à Marseille) ça m’a bien fait rire. Il a appelé son parrain le jour où nous sommes arrivés à Athènes, du coup nous dormons chez sa maman (au parrain).
    Est-ce que Tom vous parle des cartes postales qu’on envoie à l’école?
    Enorme bise à vous 4!

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