Mémorial du 11 septembre

Jour 103 : transit dans l'aéroport d'Ataturk - arrivée à New York

Après notre premier vol au départ de Moscou, nous atterrissons dans le fameux aéroport d’Ataturk. Si vous vous souvenez bien je m’étais trompée d’aéroport quand nous sommes partis de Turquie. Donc nous le connaissions un peu. 

Nous sommes à Ataturk pour une escale de plus de 24 heures. Nous avons décidé de ne pas louer de chambre, c’était trop cher à côté de l’aéroport et franchement bouger avec tout notre paquetage c’est la galère. Nous allons donc rester dans l’aéroport pour à peu près 30heures. Nous nous trouvons un coin pour dormir et faire passer le temps. Ce sera un peu le début de notre histoire américaine. Dormir où l’on peut, quand on peut.

Maison Ataturk

Prendre l’avion pour New-York ça me met la pression, c’est vraiment irréel pour moi de partir aux USA. Vu que je n’ai jamais voyagé (mis à part les 3 derniers mois de voyage) j’ai l’impression de faire un voyage magique. Je n’arrête pas de chanter « Un jour j’irai à New-York avec toi… » et d’autres chansons. En plus j’ai tellement lu de blogs où ils racontaient que le passage de la frontière était vraiment galère, j’ai un peu peur. 

Pour partir de l’aéroport d’Ataturk, même avant le passage des contrôles de frontière, il faut passer le contrôle opéré par la compagnie aérienne. C’est long, mais ça passe. Dès que les vélos et les bagages sont posés déjà ça va mieux. Nous nous sentons plus légers.

Passage de contrôle par les douaniers, passage par le scan obligé, fouille… Tout va bien, nous passons même si c’est long. Avant d’embarquer dans l’avion nous devons encore passer un contrôle, une fouille et quelques questions. Nous sommes attendus par Ben à New-York, donc nous avons une adresse à communiquer sans souci.

C’est parti pour 11h de vol. Les sièges du milieu ne sont pas trop confortables, on ne perd pas patience, pressés d’arriver aux States!

Tour du monde aéroport
Décollage pour les USA

Nous arrivons à l’aéroport de JFK, après un dernier contrôle et enfin nous retrouvons nos bagages et surtout nos vélos qu’il nous faut remonter. L’objectif étant de faire les 20km entre l’aéroport et Brooklyn, où habite Ben. 

Une femme de la sécurité nous autorise à nous mettre dans un coin, mais 1h30 après ce n’est plus la même personne à la sécurité. La nouvelle femme nous presse pour que nous sortions au plus vite de l’aéroport. Nous essayons de gratter du temps pour bien monter les vélos (quelques oublis de vissage mais vite remis avant de partir), ça y est on retrouve nos bécanes. Ah, nous nous sentons libres! Nous reprenons le voyage à vélo et nous allons découvrir un pays que nous connaissons tous depuis tout petit. 

Arrivée aux USA

Nous sommes super contents car nous quittons l’aéroport assez facilement et la circulation n’est pas si horrible. C’est assez impressionnant de découvrir les quartiers de la banlieue de New-York. Nous voyons des groupes de jeunes devant un porche de maison, avec la sono à fond. Les voitures sont immenses. 

Nous rencontrons même un mec, qui se prénomme « Fresh » avec un tricycle tout en strass et paillette, chaîne en or qui brille… C’est trop marrant, tous les clichés des USA en 1 heure. 

Nous arrivons enfin dans le quartier de Brooklyn, Ben nous attendait. Il habite en coloc, ce soir nous sommes un peu crevés, nous allons donc filer prendre une douche et dormir avant d’attaquer les 3 prochains jours de visite. 

Jour 104 : New-York

Les nuits chez Ben

« New-York, concrete jungle where dreams are made of, There’s nothing you can’t do, Now you’re in New York » Alicia Keys. J’ai pas arrêté de saouler Romain avec cette chanson. Le matin nous nous réveillons, nous rencontrons les colocs de Ben. Nous partons à l’assaut de la ville. Ben nous conseille de visiter la ville à vélo. Ah ouais ? Pourquoi pas, nous ne savions même pas que nous pouvions la visiter à vélo. Ca va nous permettre de nous remettre doucement en jambes, pour le périple qui nous attend.

Sur les conseils de Ben, nous partons visiter la partie Ouest de la ville. Ben est vraiment très bien situé dans la ville.

Nous allons passer la soirée avec Ben et ses coloc Ted et James, on s’entend super bien. La soirée sera super sympa. Ils ouvriront une bonne bouteille de vin. Soirée détente.  

Jour 105 : New-York

A côté de chez Ben, il y a une église baptiste. Nous nous réveillons en vitesse pour assister à l’office, nous nous habillons et prenons place sur les bancs de l’église. A nous les chants gospels et la prière en fête.

Eglise gospel

Nous rentrons et partons petit dej/bruncher avec Ben et les colocs. Nous allons découvrir une vraie spécialité américaine la chicken waffle. Une gaufre qui consiste à y rajouter 30 grammes de margarine, 1/2 pot de sirop d’érable et du poulet pané frit. C’est un peu spécial mais ça passe si tu sépares le poulet et la gaufre. C’est vraiment américain! Mais c’est encore un bon moment et une belle découverte car on était quand même dans un « diner« , un restaurant typiquement américain. C’est encore une découverte qu’on n’avait vu qu’à la télé.

Brunch américain

L’après-midi nous partons à la découverte de Time Square. Cette fois nous ne prendrons pas le vélo car Times Square c’est blindé de monde. Ce sera donc l’expérience du métro, franchement le métro c’est terrible à New-York, pour acheter un ticket on n’y rien comprendre et en plus c’est cher. Mais bon faut bien que nous allions visiter la 5ème avenue, Times Square et l’Empire State Building. 

Nous dinerons bien sûr au mac do et nous boirons un verre sur un rooftop juste en face de l’empire state building.

Jour 106 : Staten Island

Ce matin nous préparons nos affaires, ça y est il faut que nous reprenions la route. Nous sommes un peu stressés, surtout Romain il reprend la préparation de la route. Il nous fixe nos objectifs… Ca le stress.

Dans la coloc tout le monde fait du vélo, ils ont donc du matériel pour nettoyer nos bébés. Nous passons 2heures à préparer tout ça. Ben n’est jamais allé à Staten Island, en fait il n’y a aucun intérêt à y aller, sauf prendre le ferry gratuitement et voir la statut de la liberté de plus près.

Nous allons donc tous les 3 nous balader dans ce coin. Ben connait une pizzeria dans le coin, une adresse qu’un ami lui a donné. Nous allons manger une bonne pizza avec une bon pichet de bière.

En fin de journée, nous partons découvrir le quartier de Soho et acheter une serviette car je me suis faite volée la mienne pendant l’escale en Turquie, durant la nuit. Franchement c’est vraiment pas cool de voler une serviette dans un aéroport… Ca nous a vraiment énervé sur le coup car en plus la serviette rachetée nous a couté plus de 20 dollars.  

Dernière soirée avec Ben et ses colocs. Nous serons un peu moins enjoués, nous sommes stressés par le départ. Nous avons peur de ce qui nous attend. Mais Romain boit tout de même une petite bière avec Ben.

Jour 107 : New-York-Secane Drive

Les routes ennuyeuses des USA

Nous partons ce matin, un peu triste de quitter cette belle ville. 

Nous avons décidé de rouler aux Etats-Unis lorsque nous avons vu que de Moscou à Quito nous avions 2 escales, une à New-York et une à Miami. C’est comme ça que nous nous sommes dit pourquoi pas visiter les States. Mais en planifiant le voyage nous nous sommes plantés entre les miles (unité de mesure utilisée par les américains) et kilomètres (les gros débutants). Du coup nous devons faire non pas 1500km mais un peu plus de 2000km… et oui, c’est ça être des apprentis voyageurs. 

New-York c’était génial mais maintenant il faut reprendre notre vie de cyclotouristes. Aujourd’hui nous avons 85km à parcourir, mais dans un premier temps nous allons prendre un train sur une centaine de kilomètres pour ne pas avoir à subir les usines du New Jersey, sur conseil de Ben. C’est plutôt simple de rouler aux Etats-Unis. Il y a toujours une piste cyclable pour nous. Nous nous sentons en sécurité.

La pluie sera au rendez-vous, au début ça va, nous pouvons rouler sans trop nous couvrir. La route n’est pas si plate sur cette partie. Pour la pause du midi, nous faisons une sieste sur un parking. 

Nous traverserons la ville de Philadelphie et nous nous arrêterons le soir dans un quartier qui ressemble à celui de Fairview (desperate housewives, grande référence :-D). Un gentil couple d’américain un peu craintif au début acceptera que nous occupions leur jardin. Ils nous offrirons de l’eau froide et chaude pour la douche. C’est le mari qui communiquera avec nous, nous sentons les américains craintifs pour ce premier jour.

Jour 108 : Havre de Grace

Aujourd’hui nous devons rouler une centaine de kilomètres. Nous avons dormi comme des bébés avec nos boules quies. Nous nous réveillons, plus de voiture devant la maison, ils sont tous partis. Il est 8heures. Nous devons ranger le campement, tout est mouillé. Il a plu toute la nuit. Les chaussures de Romain sont mouillées et nous avions oublié mon rack pack dehors, dedans nous avons l’ordinateur… Je l’ouvre, ouf, le rack pack est bien étanche. 

Nous partons, avec la tente mouillée, nous avons la pluie aux trousses. Les fesses font mal, la reprise n’est pas si simple. 

La pause du midi, ce sera au mac do !!! Et oui, il ne faut pas se laisser abattre. Il faut bien vous imaginer que depuis que nous sommes partis, nous avons tous les 5 kilomètres un mac do à droite, un kfc à gauche… un diner à droite du mac do et un autre style de fast food à gauche du kfc. C’est incroyable. Nous n’arrivons pas à résister, nous allons manger un mac do pour midi. 

En entrant dans le mac do, nous voyons qu’il y a une fontaine. Nous remarquons que pour 1 dollar tu peux avoir un 1 litre de soda. Mais en fait, nous nous rendons compte que ce n’est pas qu’un litre que tu peux boire, mais la boisson est à volonté pour 1 dollar… C’est impressionnant. Ca va nous rendre accroc au soda, nous qui ne sommes même pas des adeptes de ce genre de boissons en règle générale. Parfois il n’y a même pas d’eau. 

Après cette pause, durant laquelle nous avons fait sécher la tente nous repartons. Nous prenons le risque de passer par une route sur laquelle il faut passer un pont, qui peut être interdit aux vélos. Mais si nous ne la prenons pas nous devons faire un détour de plus de 30km. 

En arrivant devant le pont, nous sommes chanceux, le pont est ouvert aux vélos. Nous devons appuyer sur un bouton réservé aux cyclistes afin de prévenir les véhicules qui arrivent que nous sommes ici.

Juste en entrant sur le pont, une averse, mais comme jamais nous n’avons eu jusque là s’est abattue. Nous ne voyons plus rien, la pluie est torrentielle, plus de visibilité à plus d’un mètre. Nous nous sommes vraiment sentis en danger à ce moment là. Heureusement que les voitures ont été prévenues de notre présence par des flash de lumière à l’entrée du pont.

Nous arrivons donc dans la ville, nous hésitons entre frapper aux portes et prendre un hôtel. Nous sommes tout trempés et nous avons peur de frapper aux portes, de peur de ne pas y arriver et du coup avoir très froid. Nous avons également peur de devoir dormir sous la tente, dans cet état. Il faut absolument que nous arrivions à nous réchauffer pour pouvoir reprendre la route demain dans de bonnes conditions. Nous essayons de contacter des coushsurfeurs et warmshowers mais il est bien sûr trop tard. Nous décidons donc de prendre un hôtel. C’est dommage mais aux USA ce sera souvent comme ça. Les journées seront souvent rythmées comme celle-ci. Parfois nous nous demanderons pourquoi nous roulons ici.

Mac DO Mac DO Mac DO

Jour 109 : Silver Spring

Pour continuer à rencontrer des personnes nous avons contacté des warmshowers. Nous nous réveillons très tôt envoyons une quinzaine de demandes, tous nous répondent et ça c’est plutôt bon signe. Nous choisissons de nous rendre chez Zach qui habite à Silver Spring au Nord de Washington D.C. Il ne sera malheureusement pas là pour nous recevoir, mais ses colocs seront ravis de nous accueillir pour la nuit. 

Encore une fois l’étape ne sera pas du tout simple. Le dénivelé est important, environ 1100 mètres dans la journée sur 120km. Ca monte et ça descend.

Nous traverserons Baltimore, ville réputée comme la plus dangereuse des Etats-Unis. Nous remarquons surtout, comme depuis le début, qu’en banlieue il n’y a que des blacks et plus tu avances dans le centre plus il y a de blanc. Les quartiers sont sacrément divisés. 

Comme d’habitude nous nous arrêterons dans un mac do pour le repas du midi, ce sera 1 litre de coca, 1 litre de je ne sais quoi d’autre, 2 cheese, 1 grande frite pour 2. Nous commandons toujours pour faire en sorte d’en avoir pour moins de 10 dollars. Les américains ne manqueront jamais de fast food. Par contre, ils ont un réel problème avec la clim. C’est horrible, nous sommes obligés de nous habiller pour rentrer dans le mac do sinon impossible d’y rester, sauf à tomber malade.

Traversée de Baltimore

Les paysages sont ennuyeux à mourir, ce ne sont que des lignes droites avec quelques bosses par ci par là. Ce n’est pas beau et quand on retrouve un semblant de vie c’est pour des fast food, restaurants et grands supermarchés. 

Nous repartons du mac do, après avoir fait une session de geekage grâce au wifi gratuit. Mais c’était sans compter sur une énième crevaisons de la roue arrière de Romain. Nous venons quand même d’acheter un pneu neuf en Russie. C’est un cauchemar pour lui. Nous décidons dans un premier temps de simplement regonfler la roue en espérant qu’elle tiennent pour les 50km restants. Mais au bout d’une heure nous décidons de réparer la crevaison. C’était un tout petit bout de ferraille qui nous a encore embêté. Nous voulions arrivés vers 18heures chez Zach pour profiter un peu de ses coloc. Nous n’y arriverons qu’à 20h après avoir passé des axes routiers importants… et une partie un peu plus belle mais nous sommes crevés. C’était une trop longue journée. Les colocs super sympas nous ont préparé notre lit. Nous prenons une douche et partons chercher à manger. Nous souhaitons nous faire à manger, mais franchement au vu des prix pratiqués en magasin, il vaut mieux encore aller manger dehors. La ville est gigantesque, nous marcherons plus d’une demi heure à l’aller et au retour pour pouvoir manger. Nous sommes vraiment à plat. 

Nous rentrons discutons un peu avec les colocs de Zach et nous nous endormons.

Petit bout de fer
Enième crevaisons

Jour 110 : Wicomico Drive

Quartier de Washington D.C

L’objectif tous les jours aux USA, c’est d’avancer le plus possible. Pour ne pas devoir faire trop de voiture. Nous savons que dans notre direction, à 100km,  il n’y a pas de warmshowers. Nous décidons donc que ce soir nous frapperons aux portes. 

Mais avant ça une petite visite à Trump s’impose. La maison blanche est quand même un passage obligatoire ici. Sur la côte Est, il n’y a pratiquement rien à voir, si en plus nous n’allons pas voir les quelques sites « importants » nous aurions vraiment perdu notre temps à venir ici.

Il fait très chaud aujourd’hui, c’est une chaleur étouffante et humide. Le compteur de Romain nous indique 46°. Les pentes ne sont pas longues mais raides. Après 40km nous décidons de prendre une pause, cette fois pas de mac do mais un fast food chinois (ce n’est pas mieux) en plus le gobelet d’un litre coûte plus cher qu’au mac do. Mais la boisson reste toujours à volonté.

Comme d’habitude il nous faut nous habiller avant de rentrer, surtout que là nous sommes vraiment en surchauffe. Romain décide de se verser de l’eau dessus avant de se prendre un gros coup de clim. Nous mangeons, essayons de voir comment est le dénivelé pour le reste de la route, nous souhaitons arriver près de Richmond. 

Nous repartons après une pause d’une heure. Romain se sent un peu mal mais nous continuons à rouler. Ce soir l’objectif, trouver un personne sympa qui voudrait bien nous héberger. Nous nous arrêtons en plein milieu de nul part, Romain se sent trop mal. Nous continuons à avancer un peu jusqu’à la prochaine zone urbaine. Nous atterrissons dans un patelin où les mobilhomes et pick-up sont rois. C’est vraiment un quartier bizarre. Romain ne va pas bien du tout, nous essayons de frapper à plusieurs mobilhomes. Personne n’acceptera de nous héberger ni chez lui, ni en tente dans son bout de jardin. Il y a même des personnes qui n’ouvriront pas leur porte alors qu’elle sont juste derrière à nous observer par la fenêtre.

Il faut absolument que nous trouvions un endroit, Romain est vraiment mal. Nous voyons un pick up, une femme et ses 2 filles. Je lui demande directement si elle ne connaîtrait pas un endroit où nous pourrions passer la nuit. Elle comprend hôtel, Romain est au plus mal, nous acceptons de partir à l’hôtel. Elle nous y amène en pick up. Heureusement que nous l’avons trouvé. En Arrivant à l’hôtel Romain part directement vomir. Il passera sa nuit à dormir et vomir. J’essaierai de veiller sur lui, il a de la température. 

Jour 111 : Wicomico Drive

Ce sera repos forcé aujourd’hui. Romain ne va pas bien, il faut qu’il se repose. Je vais devoir aller à la pharmacie acheter des dolipranes, nous n’en n’avons plus et quelques courses pour la journée. Romain passera sa journée au lit. Il n’y a pas grand chose à raconter d’intéressant sur cette journée.

Ah si, c’est dingue aux Etats-Unis il ne faut surtout pas consommer l’eau du robinet. Nous avons remarqué que l’eau coulait jaune. Ouf, je n’en ai bu que très peu hier. Tout le monde nous dira « si, vous pouvez boire l’eau du robinet, mais moi je préfère l’eau filtrée… » Bizarre. En tout cas nous ne voulons plus consommer l’eau du robinet. Nous nous plaignons de cela à la gérante de l’hôtel mais elle s’en fiche. D’ailleurs nous essayons de faire une réclamation au siège de Super 8 et eux aussi s’en fichent. Pas de mac do ou autres cochonneries aujourd’hui. Nous allons nous faire du riz, au réchaud, ça fait trop longtemps que nous nous ne sommes pas fait à manger. Le riz colle à la casserole, il va même brûler au fond. Super. On ne va pas se régaler.

Jour 112 : Doswell Road

Pause déjeuner en pleine nature

Les 2 derniers jours, j’ai contacté des warmshowers qui se trouvent sur notre route. Aux USA, la chose géniale c’est que tous répondent, ce qui a été très rare en Europe, il fallait envoyer à tous les warmshowers existant dans la ville pour avoir une ou deux réponses. 

Ce soir normalement nous serons accueillis par Kathleen et Dave. J’avais demandé pour la veille, en les avertissant que peut-être nous repousserons d’un jour à cause de l’état de Romain. Ce qui a été le cas.

Romain n’est pas au meilleur de sa forme, nous reprenons tout de même le vélo, c’est trop cher l’hôtel. Mais la route est assez belle pour une fois, nous empruntons une voie alternative à la grande route, c’est dimanche c’est sympa. C’est plaisant par rapport à tous ce que nous avons traversé jusque là. Le dénivelé commence à s’apaiser. Il fait beau. Nous roulons tranquillement, mais comme d’habitude nous devons rouler pour ne pas être trop en retard. Ce sera une étape d’une centaine de kilomètres, encore. Nous rencontrerons 2 mecs assez bourrés sur la route, ça fait peur, ils ont été sympas mais ça nous fait peur de voir leur état d’ébriété et de nous voir sur leur route.

Circulation dans les banlieues des USA
Gentils mais bourrés

Nous arrivons chez Kathleen et Dave assez tôt. Leur maison est au calme entourée de fôret. 

Une rencontre qui nous fera vraiment un bien fou. Ils s’occuperont de nous comme de leurs propres petits-enfants. Nous passerons vraiment un moment agréable avec eux. Nous discuterons toute la soirée. Un bon souvenir ce passage chez eux. Nous prendrons même un apéritif avec du guacamole maison, un délice. Le diner sera excellent et les discussions passionnantes.

Romain, Kathleen, moi et Dave

Jour 113 : Richmond - Wilmington

Sous la pluie pour Richmond

Nous partons de bonne humeur (pas de bonne heure) mais tout va bien, nous nous sommes réveillés tranquillement et avons petit-déjeuner avec Kathleen et Dave toujours aux petits soins. 

Au moment du départ une pluie fine démarre. Bon si ce n’est que ça, nous pouvons rouler tranquillement. Mais bien-sûr ça ne s’atterra pas est ça va même s’intensifier. L’objectif aujourd’hui est d’arriver à Richmond, à 50km, et d’essayer de faire du stop pour continuer le plus loin possible. Mais nous avons également un plan B, nous avons réservé une voiture pour 13heure, au cas où. Nous arriverons vers 11h30 à Richmond, nous nous plaçons sur un axe stratégique et commençons à faire du stop pendant un peu plus d’une heure. 2 voitures s’arrêteront, une pour savoir si nous allons bien (sympa) et une autre qui ne va pas très loin. Allez basta nous partons manger (un mac do bien évidemment) et chercher la voiture. 

Première voiture louée aux USA

Nous contacterons plusieurs warmshowers sur Wilmington pour avoir un point de chute dans la ville. C’est Gady qui nous recevra ce soir. Nous arrivons en centre ville et il doit nous attendre pour aller manger un bout avant de partir dormir chez lui, il habite temporairement dans cette ville car il y a trouvé un stage. Il adore le vélo et vient en vélo pratiquement tous les jours jusqu’à son lieu de stage. Nous irons manger un hamburger (pas au mac do) et boire une bière. Sauf que l’estomac de Romain est encore fragile et il ne sait pas résister quand je mange gras à côté de lui, il fait pareil. Du coup il va passer une mauvaise nuit. 

Gady déborde d’énergie, il nous fait visiter un peu la ville. il est vraiment très intéressant et nous communique sa joie. 

Hamburger à Wilmington

Jour 114 : Myrtle Beach

Gady, Romain et moi

Gady souhaite nous emmener petit-déjeuner dans un diner, sauf que Romain ne va pas bien et en plus il est de mauvaise humeur à cause de la nuit passée et de la pluie qui ne cesse de tomber ce matin. Nous devons reprendre le vélo. Gady a été super sympa avec nous malgré que nous n’étions pas au top de notre forme.

Nous l’accompagnons, il se prend une bonne gaufre avec un bon café et nous, nous prenons notre café sans rien. Nous le ramenons au boulot, à 3 devant dans la voiture, en passant devant le commissariat, ça n’a pas rendu Romain de meilleure humeur.

Bon tout se passe bien, sauf qu’arrivés à l’aéroport nous aimerions bien louer la voiture pour avancer encore et ne pas nous prendre la pluie. Mais bien sur c’est trop cher, beaucoup trop cher. Nous nous résignons donc, il faut sortir tout l’attirail pour se protéger de la pluie et avancer. Le moral n’est pas au rendez-vous, la circulation est horrible et les lignes droites interminables, le dénivelé est inexistant mais c’est long et chiant. La pluie cesse enfin, mais les lignes droites sont ennuyeuses. Nous décidons de faire du stop, peut être que ça marchera cette fois. 

Au bout d’une demi-heure nous voyons qu’une voiture a fait demi tour, deux fois. Au bout d’un moment nous arrivons dans un endroit où il peut s’arrêter sans problème. Il s’agit de José et sa femme Maria. José veut bien nous prendre. Il nous demande où nous voulons aller, nous lui expliquons que nous voulons simplement avancer le plus loin possible, que les lignes droites commencent vraiment à nous ennuyer et qu’il nous tarde d’arriver près de l’océan. Il nous dit qu’il habite à 30km d’ici, il veut bien nous avancer et il nous invite même pour le déjeuner. Nous acceptons, la providence ce fait rare sur le chemin.

La famille de José

Maria préparera un super repas que nous partagerons avec José. Franchement c’est tellement bon de manger quelque chose de préparer à la maison. Nous nous régalons, comme chez Kathleen et Dave. José nous raconte un peu sa vie et quelle vie! Il est mexicain et il a immigré ici il y a 20 ans! Il n’a toujours pas de permis de résider dans le pays (la fameuse carte verte) et pourtant il est patron de son entreprise dans le bâtiment et il embauche une dizaine de personnes. C’est fou. Tous ses enfants sont nés aux USA. 

Il y a quelques années, un dimanche matin, alors qu’ils étaient à l’église, son plus grand fils l’appelle. Il lui demande où ils sont. « A l’église, pourquoi? » « Car la maison brûle… » Ils ont tout perdu et ils ont tout reconstruit. José aime aidé les gens quand il le peut et franchement il aimerait nous aider encore plus. Il nous invite à rester chez lui autant de temps que nous le voulons. Il nous propose de prendre une douches, de laver nos vêtements, il nous propose tout ce qu’il peut. C’est vraiment très sympa de sa part, mais nous devons avancer, nous n’avons que ça en tête. Avancer, avancer et avancer. Notre avion pour Quito est le 15 août et nous sommes le 31 juillet, il reste encore trop de kilomètres, nous avons peur de devoir terminer le reste du voyage en voiture. Nous refusons donc toutes les propositions, pourtant nous nous sentons tellement bien ici. 

José et sa famille seront gravés dans nos mémoires à jamais.

Chez José

En partant de chez José, je ne sais pas pourquoi, je me mets à pleurer comme une madeleine.

Il nous reste encore une vingtaine de kilomètres à parcourir, avant la ville où nous avons décidé de nous arrêter. Nous nous rendons compte que Romain n’a plus ses lunettes de soleil, c’est vraiment pas de chance encore une fois. Il recommence à faire beau, le soleil tape fort et éblouit. Je lui prête mes lunettes, nous pensons qu’il les a perdu lorsqu’il est tombé malade, du coup nous essayons d’appeler l’hôtel où l’eau était dégeu, bien sûr pas de lunettes. Elles nous ont coûté cher ces lunettes. De toute façon il va bien falloir en racheter puisque c’est très important de se protéger les yeux en étant la majorité du temps dehors.

Première baignade dans l’océan, l’eau est chaude, nous nous prélassons dans l’eau. Nous prendrons une douche et essayons de trouver un endroit où poser notre tente ce soir. Nous demandons à plusieurs maisons, sans succès. Certaines personnes seront à l’intérieur de leur maison et ne nous ouvriront pas. C’est fou comme les américains sont craintifs. Nous ne comprenons pas trop car ils adorent parler avec nous dehors. 

Avec notre providence de la journée, nous trouvons Marie, qui nous acceptera sous sa terrasse. Ouf, c’est vraiment super, elle ne communiquera pas trop avec nous mais déjà elle nous laisse dormir ici et c’est un grand luxe. Nous devons toutefois partir demain à 7h pétantes, son mari en déplacement lui a expressément demandé. Nous sommes d’accord. 

Jour 115 : Georgetown

A 6h50 Marie, nous demande de nous dépêcher à rassembler nos affaires. Nous sommes un peu en retard. Il faut faire vite. Pas le temps de petit-déjeuner ici. Marie nous raconte que nous aider lui fait du bien. Nous lui rappelons son fils, il était malade, il est devenu SDF lorsqu’il avait 26 ans. Il s’est suicidé. Lorsqu’elle nous a vu, elle a tout de suite pensé à lui. Triste histoire, nous la remercions et partons en direction de Georgetown. 

Ce soir pas de warmshower, nous sommes vraiment fatigués. La route ne va pas être un régal, une portion sera plutôt bonne une autre beaucoup moins à cause de la circulation.

Nous prenons une pause à côté d’une petite épicerie/sandwicherie. Nous nous préparerons à manger au réchaud. Au menu des pâtes. Nous rentrerons dans la petite sandwicherie pour voir s’il n’y aurait pas une chose intéressante à nous mettre sous la dent avant de partir. Leslie, la serveuse, sera très sympa avec nous. Nous prendrons une salade de fruit, elle nous en offrira une autre portion et elle nous offrira également les boissons raffraichissantres (les cocas). Nous sommes accros au coca. Franchement c’est une drogue, en France nous n’en buvons pas ou à quelques rares occasions mais là c’est une obsession. A chaque macdo, tu sais qu’il y a une fontaine et tu as envie d’une seule chose c’est d’y rentrer et de boire des litres de sodas. C’est incroyable comme la configuration de ce pays pousse à la consommation. 

Pause à la plage
Romain, moi et Leslie

Nous arrivons dans la ville, pas de warmshower mais nous avions déjà décidé de prendre un hôtel. Nous prenons directement une douche en arrivant et nous nous endormons tous les deux de fatigue. 

Jour 116 : Charleston

Le réveil est un peu compliqué, Romain n’est pas très en forme, moi c’est pas top non plus. Nous partons en nous fixant comme objectif de tenir 21km/h de moyenne sur 106 km. Une grosse douche viendra nous laver vers 11heures. Nous nous relayons pour tenir l’objectif. la route est toujours aussi ennuyeuse à mourir. Quelques gouttes nous accompagnerons puis le soleil reviendra nous sécher. 

Pause en plein milieu de nul part

Nous nous arrêtons dans un endroit vide pour la pause après 60km. Nous avions envoyé des demandes à des warmshower ce matin avant de partir, il faut donc que nous trouvions du wifi pour savoir si quelqu’un peut nous héberger pour cette nuit. Bien évidemment il nous vient à l’esprit d’aller au mac do. Il y en a un à 20km. Nous traçons, les 21km/h de moyenne sont tenus. Nous nous habillons et rentrons tout heureux au macdo, notre drogue. Ca en devient vraiment navrant, une seule chose nous obsède sur cette route le macdo… C’est triste.

Ce soir, Lenny veut bien nous accueillir dans les locaux de son entreprise, ok pourquoi pas. Nous sommes contents d’avoir quelqu’un chez qui dormir ce soir.

En attendant nous en profitant pour manger (bien sur) et pour appeler la famille. Un homme seul s’intéresse à nous, il s’agit de Steeve. Il nous pose des questions sur notre voyage et nous demande où nous allons dormir ce soir. Il nous propose de venir chez lui pour cette nuit. C’est tellement dommage que ce ne soit pas arrivé avant que Lenny nous réponde à notre demande. Nous aurions accepté avec plaisir, ce genre de rencontre ça nous plait. Il nous laisse son adresse et nous offre un pot de miel de sa production. Super sympa vraiment, ça nous permettra d’assaisonner notre flocon d’avoine qu’on adore par dessus tout. 

Arrivée sur Charleston à vélo

Nous arrivons devant l’entreprise de Lenny, il n’y a personne, nous espérons ne pas avoir fait le mauvais choix. 

Une vingtaine de minutes s’écoulent, Lenny arrive. Un sacré personnage. Il est tellement fascinant. Il a environ 70 ans, une canne et un sacré humour. Son entreprise a des espaces aménagés en chambre, il a également une cuisine et une douche. Il est connecté à 100%, il a même l’enceinte Alexa dans sa chambre et sa cuisine. 

Nous rencontrons donc un personnage vraiment sympathique et il nous apprend tout un tas de choses. Il nous invite au restaurant pour cette soirée et nous allons faire quelques courses, Lenny a envie de nous faire aimer le hotmeal. 

Avant de nous coucher, il nous montre une autre spécialité de Caroline du Sud, les boiled peanuts, en français les cacahuètes bouillies. Il y rajoute de l’okra (ou Gombo) pour l’assaisonnement. Un nouveau légume exotique que nous ne connaissions pas du tout. Lenny lui a été bercé par ce légume durant son enfance, c’est un légume qui a été importé par les esclaves en Amérique, durant la traite négrière.

La nourrice de Lenny était d’origine africaine, il a donc mangé de nombreux de ses plats accompagnés de ce légume.

Lenny en pleine préparation de peanuts boiled

Jour 117 : Charleston

Nous nous levons et nous préparons nos affaires. Nous attendons que Lenny soit prêt pour l’aider à préparer le petit-déjeuner. Il nous propose de rester. C’est tentant surtout quand on voit le ciel menaçant derrière les vitres. Nous nous sentons encore bien ici, franchement pourquoi ne pas rester. Nous nous décidons à rester une journée de plus. A cause des pluies en plus, il est probable que certaines routes ne soient pas praticables, surtout en vélo.

Nous avons donc le temps de préparer le petit déjeuner avec Lenny. Tu m’étonnes que son hotmeal est délicieux. Il y rajoute une tonne de fromage, du jambon et de l’okra. Evidemment que je mangerai bien ça tous les matins sur mon vélo.

Cette après-midi comme tous les vendredis après-midi, Lenny reçoit ses amis pour une aprèm annonçant à merveille le week-end. Ils se retrouvent ici mangent un bout, boivent quelques bières et partent dans une bonne brasserie pour finir leur première journée de week-end. 

Aprem entre potes

Nous participerons à cette aprem entre potes et nous irons ensuite visiter la ville avec Lenny. 

Charleston est une ancienne colonie anglaise, mais cette ville est malheureusement connue pour être une des villes où la traite des noirs fût très importante. C’est par son port que transitaient un important nombre d’esclaves. 

Il y a également un quartier français dans cette ville, il existe depuis presque 300 ans, lors de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV. Les protestants français ont alors immigrés en Amérique et notamment à Charleston mais également beaucoup en Louisiane. 

Lenny marque également notre traversée des USA, nous espérons vraiment le revoir. Il sera en Nouvelle-Zelande lorsque nous y serons, un rendez-vous est donné. 

Jour 118 : Richmond Hill

Lenny et son flingue

Ce matin c’est le vrai départ, Lenny nous propose encore de rester, bien sûr, mais nous n’avons pas le temps… enfin nous pensons toujours que nous n’avons pas le temps.

Nous l’aidons à faire quelques trucs dans son bâtiment avant de partir et ça nous fait toujours autant de bien de pouvoir aider en échange de l’hospitalité. Nous sommes tous un peu triste de devoir nous quitter. 

Il nous aide à avancer d’une cinquantaine de bornes pour que nous puissions rouler tranquillement sur une route plus au Nord de la ville, où nous aurons moins de circulation. Nous nous fixons comme objectif de rouler jusqu’à Yamassee et de trouver une personne sympa qui nous avancera en autostop jusqu’à Savannah. Nous commençons à rider vers 11heures. Nous serons accompagnés par un peu de pluie mais ça c’est notre pain quotidien. Il pleut mais il fait toujours très chaud et humide. Apparemment nous n’avons pas de chance par rapport au temps. Ce n’est pas comme ça d’habitude…

routes angoissantes des USA

La route est sympa, il n’y a pas beaucoup de circulation. Mais il y a par contre beaucoup d’humidité. Les forêts qui nous entourent sont inondées. Nous aimerions bien voir un alligator, l’environnement s’y prête. Nous observons de drôle d’oiseau dans les arbres.

Le décor me fait penser à un film d’horreur, il fait sombre à cause du temps orageux, c’est humide et chaud en même temps. Les côtés sont inondés c’est assez angoissant. Certaines maisons ont des croix plantées au milieu du jardin.

Nous nous arrêtons pour une pause fruitée. Il n’y a pas de mac do ici, il nous faut dans une alternative. Nous trouvons un supermarché de village, c’est assez space ici. Nous sommes dans l’Amérique profonde, les gens sont assez bizarres. Romain nous achète des pommes et du melon ainsi que des gâteaux pour mon plus grand plaisir. Nous serons pour cette pause dans un endroit bien américain encore, sur la chaise du papi sur sa terrasse. 

La fameuse chaise des USA
insectes bizarres des USA

Nous arriverons à Yamassee après 90 km. Nous nous mettons directement à l’autostop, une vingtaine de minutes s’écoulent et une femme s’arrête. Sa voiture n’est pas très grande mais ça peut faire l’affaire. 

La femme sort de sa voiture, Romain va à sa rencontre. Elle lui demande si nous avons besoin d’aide. Il lui dit que nous faisons du stop. Elle lui demande si nous ne sommes pas des fous ou si nous n’allons pas la tuer. C’est trop marrant. Romain lui demande la même chose. Ils se tapent dans la main. Romain revient, je pensais que la femme ne voulait pas nous prendre tellement ça prenait du temps. Mais en fait, il m’explique ce qu’ils se sont dit et ça me fait bien rire. Nous arrivons à mettre les vélos dans la voiture et hop nous voici partis en direction de Savannah, grâce à Judy allias « J ». Elle part pour la soirée et la journée du lendemain chez sa cousine. Elle en avait marre d’être chez elle, elle avait besoin d’air. Aux States ils n’ont pas tous des vacances. « J » n’a pas eu de vacances depuis 2 ans. C’est incroyable. En fait tout dépend des entreprises, l’entreprise de « J » ne paye pas les congés, si elle part en vacances c’est pour sa pomme. 

Romain, "J" et moi

Nous discuterons bien avec « J » et elle nous laissera au Sud de la ville. Nous déciderons encore de rouler 20 km de plus. Nous dormirons à l’hôtel ce soir. 

Jour 119 : Brunswick

Nous partons tôt le matin pour pouvoir arriver vers Brunswick en espérant trouver un conducteur sympa qui voudra bien nous amener à Jacksonville. 

Au début nous sommes plein de bonne volonté, nous roulons et tout va bien mais la chaleur commence à être de plus en plus insupportable. Il n’y a rien sur la route. Nous avons besoin de trouver de l’eau mais nous savons que l’eau coûte une blinde dans les stations essence. Du coup, quand nous apercevons une station, ce n’est pas la grande joie car nous savons que l’eau va nous couter trop cher. 

Nous nous y arrêtons, nous nous asseyons sur les bancs en face de la station. L’homme qui tient la station sort et nous offre de l’eau bien fraîche. Quelques minutes plus tard, il ressort avec des grosses cerises. La providence. Il ne nous demande rien et apparemment sa journée est finie car une femme arrive et lui s’en va. Nous achetons tout de même encore de l’eau car il nous en faut pour accomplir 105 km durant cette journée, il faut que l’on s’hydrate.

Cerises offertes

Nous arrivons enfin à Brunswick, nous nous mettons à faire de l’autostop. Romain est vraiment crevé, il a besoin de se mettre à l’ombre. Je commence donc à faire du stop seule. Une voiture fait demi tour. Un jeune nous demande ce que nous voulons, nous lui expliquons que nous voulons aller à Jacksonville. Il peut nous prendre mais il faut payer… Euh, non ce n’est pas ça le concept de l’autostop. Il nous demande 50 dollars… pas moyen. Romain se lève et le mec nous demande quel prix nous serions prêt à y mettre. Bien, 5 dollars au pire. Mais déjà son comportement n’est pas pour nous plaire, du coup Romain lui dit que c’est mort. Il peut s’en aller. Le jeune, lui sort, « personne ne te prendra tu rêves, alors réfléchis bien… Je fais un petit tour et je reviens tu prends le temps de réfléchir. » Romain s’agace un peu, il lui demande de ne pas revenir.

Un autre mec s’arrête, un pick up, assez de place pour nos vélos, avec un tout petit chemin sur ses genoux. Il ne va pas à Jacksonville, mais nous lui demandons s’il peut nous amener à 10 minutes d’ici sur une jonction d’autoroute. Il est d’accord. Nous commençons à décrocher les sacoches des vélos. Il fait marche arrière et s’en va… Là on n’a pas du tout compris… 

Nous sommes un peu sur les nerfs. Nous décidons de partir à vélo jusqu’à la jonction d’autoroute. Là-bas même schéma. Un homme nous demande des sous, un autre s’arrête mais il est complètement saoul, son chien saute et court sur Romain… 

Nous prenons une pause autostop, nous allons un peu au mac do, prenons un petit gouter et nous parlons avec 2 mecs du coin. Ils se moquent un peu de nous, quand on leur explique ce que nous faisons. 

Le premier mec qui nous a demandé de l’argent revient il nous demande encore combien nous payons. Il refait encore un tour, nous sommes là depuis 1h30. Nous commençons à nous inquiéter vis à vis de la façon dont il rode. Nous prenons la décision de nous mettre au motel ce soir. L’Etat de Géorgie est super bizarre. Nous ne pouvons pas toujours avoir de la chance. La femme de l’hôtel nous explique que faire du stop c’est pour les sans-abris ici… Ah ok, c’est pour ça que les gens nous regardaient souvent avec dégout…

Jour 120 : Neptune Beach

Petite pause fraicheur

Nous nous levons très tôt, départ à 7h, nous sommes en formes. Nous voulons rouler jusqu’à 10h30 et essayer encore l’autostop. Ca ne donnera rien!

Nous avons donc la plus grande journée de vélo qui s’annonce devant nous 145km. Ce soir c’est Ryan qui nous héberge. Mais d’abord nous devons faire face à tous ces automobilistes idiots qui nous frôlent et nous klaxonnent. Depuis la Géorgie, c’est terrible. Les automobilistes sont vraiment irrespectueux avec nous. 

La Floride n’y changera rien. Mais lorsque nous sommes sur un axe très important une femme se met derrière nous, en warning et nous accompagne pendant quelques kilomètres. que ça fait du bien un peu de respect. Nous avons même préparé des pierres pour les chauffards qui nous frôlent et accélèrent comme des abrutis pour nous faire sentir le gaz de leur pot d’échappement. 

Cependant nous serons vraiment surpris par les paysages, c’est magnifique. Ca nous fait tellement plaisir de voir enfin quelque chose de beau que nous nous arrêtons pour en profiter. 

Arrivée en Floride

Nous prendrons une pause dans un hypermarché (pas de macdo cette fois), nos nous achèterons un bon poulet et des fruits. 

Pour arriver chez Ryan il faut prendre un ferry  pour éviter tout un détour incroyable. Ryan viendra à notre rencontre sur le ferry. Il nous aidera donc à arriver jusqu’à sa maison.

Ryan est retraité (jeune) de la Navy, il était capitaine sur un bateau. Il est à la retraite depuis moins d’un an. Il a commencé à réaliser un voyage à vélo l’année passée. Il souhaite traversé son pays d’Est en Ouest. Mais son voyage à pris fin prématurément à cause de la chaleur. Il le reprendra incessamment sous peu. C’est grâce à ce voyage qu’il a connu warmshower. Il a voulu rendre la pareille et franchement il était simplement un amour de warmshower. Il nous a donné tout ce qu’un cycliste souhaite après une très longue journée. 

Nous avons eu le droit à la piscine, des bières dans la piscine, une douche, un repas bien copieux, du vin, un milkshake et des discussions intéressantes. Nous rencontrerons Scott son beau-frère, qui habite avec lui et sa femme. Nous aurons droit à une exposition de leurs armes. Nous avons une soirée riche en découverte de la culture américaine. 

Scott nous lavera notre linge en plus. 

Encore un warmshower qui marquera notre voyage ici. 

Essai des armes à feu
Essai des armes à feu

Jour 121 : New Smyrna Beach

Moi, Ryan et Romain
Romain, Ryan, moi et Scott

Le lit a été tellement confortable, dur de se lever. Ryan nous propose bien sûr de rester. Mais nous n’avons pas le temps… 

C’est dommage, le petit déjeuner est simplement terrible. Nous partons avec du linge propre et le ventre bien remplit. 

Ryan va encore plus loin dans l’aide, en nous faisant avancer de plus de 100km sur la côte, il nous fait gagner une journée de vélo. Ryan est simple, simplement gentil. Lui et sa femme adore le tour de France et nous espérons qu’ils puissent venir en France le voir et qu’à notre tour nous pourrons les recevoir. 

Quand nous roulons avec Ryan, nous voyons de belles plages, des magnifiques plages désertes. Lorsque nous quittons Ryan, nous espérons avoir une aussi belle plage pour la pause déjeuner. 

La faim arrivant, nous décidons de nous arrêter, mais cette fois pas dans un fast food car nous voudrions profiter de la plage déserte que nous avons pu voir tout au long des kilomètres. Nous allons acheter tous les ingrédients nécessaires pour nous préparer des sandwichs, le coût n’est pas le même qu’un macdo, c’est plus cher, mais nous nous régalons. Mais malheureusement, nous sommes arrivés trop loin et nous ne sommes pas sur une plage déserte mais dans une station balnéaire. Les américains sont complètement fous, ils viennent en voiture sur la plage… Après une bonne sieste, nous allons nous prélasser dans l’eau, qui est chaude. C’est incroyable cette eau chaude.

Après la baignade, il faut que nous continuons notre route. Nous trouvons un macdo pour du wifi. Nous vérifions si des Warmshowers nous ont répondu pour ce soir. Personne. C’est peut être l’occasion de dormir près de la plage aujourd’hui. Nous continuons donc la route sur une trentaine de kilomètres. Nous demandons aux pompiers s’ils peuvent nous prêter un petit bout de place pour ce soir. Non, il y a un camping là bas à 6km… à 35 dollars. Nous allons nous en passer. Pas d’aide des pompiers. Nous allons donc prendre notre douche sur la plage, faire des courses pour ce soir. Menu du soir pâtes, chips et bière. 

Nous trouvons un endroit plutôt tranquille pour nous installer. Il est assez sombre, nous ne sommes pas remarqués depuis la route. Nous sommes en hauteur par rapport à la plage. Beaucoup de personne marchent sur la plage, c’est donc moins tranquille en bas.

Après un bon repas, nous nous endormons vers 22h30. A minuit, lampe torche dans la figure, réveil un peu brutal. Je sursaute. On aurait tellement avoir une caméra à ce moment là. Le policier vérifie nos identités et ne comprend pas ce que nous faisons là. Il nous demande de remballer nos affaires. Il appelle un autre policier en patrouille. Nous lui expliquons que nous ne pouvons pas partir avant la fin de la nuit. Nous lui demandons où nous avons le droit de rester sans mettre notre tente. Il ne sait pas trop quoi dire. Ici s’est interdit. Ok. Mais nous avons besoin d’attendre le levé du jour pour partir. Nous lui expliquons que nous voyageons à vélo. 

A la fin, il nous explique que nous pouvons partir à la sortie de la ville, il y a un parc. Personne ne saura que nous y sommes à part eux. Bon ok, nous y allons. Quand nous y sommes arrivés, nous sommes près d’une rivière et nous sommes vus depuis la route. La nuit va s’annoncer très très courte. En plus si nous ne mettons pas la tente nous allons être bouffés par des mouches vampires.

Merci la police…

Jour 122 : Rockledge

Réveil difficile, journée difficile. Nous avons quand même un point de chute ce soir. Le jardin de chez Nick dans sa maison en travaux. C’est dur cette journée car elle ne se fait pas près de la plage et en plus la circulation est toujours aussi terrible.

En arrivant chez Nick, nous sommes à bout de force. Nous avons de la chance car nous avons de l’eau dans son jardin. Il viendra nous rencontrer dans la soirée, simplement pour nous dire bonjour. Nous sommes contents d’être ici. Ce soir nous avons au menu des pâtes à la turinoise (recette Alberto) et de la bière. Une super soirée malgré la dure journée. Nous fêtons nos 4 mois sur les routes. 

Douche chez Nick
On la quitte

Jour 123 : Vero Beach

On avance aux USA

Normalement nous voulions passer par le Cap Canaveral, base de lancement des fusées en Floride. Mais si nous étions passés par là avant Rockledge, nous aurions été bloqués et nous aurions dû faire demi-tour car c’est un site sécurisé.

Hier, Nick nous a déconseillé de faire ce détour, car s’il n’y a pas de fusées lancées il n’y a pas d’intérêt à y aller. Nous allons donc écouter le conseil de Nick, dommage une fusée va être lancée dans 2 ou 3 jours. Mais nous n’avons pas le temps…

Nous prenons cependant une route vraiment agréable pendant 5 km. Une route simplement magique. Mais bien sûr toute bonne chose à une fin.

La belle route des USA
La maison hantée
passage devant un bus américain
Oiseaux des USA

Après une route assez pénible, nous avons l’océan à perte de vue. Nous nous y baignons, encore un océan chaud. C’est simplement du bonheur. Un couple nous remarque avec nos vélos, il nous donne de l’eau fraîche. Car sur cette route il n’y a rien, pas un magasin pour acheter une bouteille d’eau même à 10 dollars.   

Plage vue par le Drone
une belle aprem
Belle vue aux USA
Longue route de Key West

Nous devons quitter la route déserte pour repartir dans la ville où nous devons chercher du wifi et bien sûr nous allons trouver un macdo. Les mac do ce ne sont pas la joie, c’est de plus en plus une corvée. Seul endroit où nous trouvons de la nourriture pas cher et du wifi. Pour le gouter on peut également choisir Dunkin Donut’s, en alternative. Leurs donuts sont vraiment bons.

Nous n’avons personne pour ce soir. Nous allons devoir trouver un endroit nous-même. Nous avons besoin également de préparer la suite du voyage et notamment trouver quelqu’un qui puisse nous héberger à Miami pour profiter de la ville. Après encore trop de temps passer au mac do, nous reprenons la route et repartons sur la presqu’île en espérant nous baigner. Mais le temps se gâte nous n’avons que le temps de prendre très vite une douche et là un violent orage éclate. 

Nous nous mettons à l’abri sous un toit du parc à côté de la plage. Les parcs aux USA sont très bien aménagés, si vous voulez faire un barbecue entre amis c’est juste parfait. Il y a même des prises électriques et des robinets d’eau à disposition. Des belles tables à l’abri du soleil. Nous, ce soir, ce sera plutôt pâtes et rien d’autre. Un homme est assis et nous parle un peu. Il fume un joint et nous prend pour des clochards « propres ». Sympa. Par contre il ne peut pas nous héberger, il est désolé. Pas grave, on trouvera après avoir mangé et surtout quand l’orage sera passé. 

Un clochard arrive, il s’installe et nous demande ce que nous faisons. Nous lui expliquons que nous voyageons à vélo. Il nous propose de l’argent et nous refusons bien sûr. Mais il nous dit que nous avons fait une erreur car nous avons refusé son argent et cela veut dire que nous avons plus d’argent que lui. Heureusement il ne nous veut pas de mal. Un autre clochard arrive et ils se parlent entre eux. Nous n’avons pas envie de partir de peur qu’ils croient que nous les fuyons. Nous attendons un peu et essayons de trouver un abri pour le soir, un peu plus sûr. 

Nous essayons de frapper chez les gens. Mais personne n’ouvrira la porte. Nous trouvons une église, une très grande église, nous essayons de voir si elle ouverte. Mais il n’y a personne, nous allons donc nous mettre sous le porche pour une nuit qui s’annonce courte. 

Repas en mode clochard
Dodo sous une église

Jour 124 : Jupiter

Averse torrentiel à Jupiter

Nous sommes réveillés par une femme de l’église, qui nous demande de quitter les lieux assez rapidement avant que les fidèles arrivent. Après une heure de vélo, nous nous arrêtons au Dunkin Donut’s pour un petit déjeuner. Nous essayons de trouver une alternative à la route que nous empruntons pour être plus tranquilles. 

Pendant 30km nous sommes tranquilles, avant qu’un orage d’une grande violence éclate. Nous devons nous protéger, nous trouvons rapidement une station essence. Une des femmes qui travaillent dans la station, nous offre sa boisson à laquelle elle a le droit pour son après-midi de travail. Sympa. 

La pluie a l’air de s’être arrêté, nous repartons, après 2heures d’attente. Ce soir nous devons arriver chez Jennifer et Tom. Nous leur expliquons que nous allons mettre du temps à arriver à cause de cet orage. Mais à peine 5 kilomètres effectués, nous voyons autour de nous des éclairs et nous entendons le tonnerre qui tonne. Nous nous abritons sous une petite tonnelle en bois. Nous demandons à un policier si ce n’est pas dangereux de faire du vélo, s’il sait quand l’orage va se terminé. Il rit et nous dit « vous savez vous êtes en Floride, les orages c’est normal, ce n’est pas grave ». Ok… Je remarque sur mon vélo une pastille jaune, c’est un clou qui s’est planté là… Super, première crevaison, bon ça va c’est la roue avant et le trou est cool, il n’a pas abimé mon pneu et la chambre à air n’a qu’un léger trou. Nous repartons, l’orage s’est déplacé. La faune devient belle et nous essayons de trouver un alligator mais impossible. Par contre nous avons un exceptionnel couché de soleil. C’est magnifique. Romain m’a aidé à rouler sur cette partie, j’en ai vraiment marre et il n’a pas arrêté de me parler pour me distraire afin que la route passe un peu plus vite. 

Nous arrivons à 20h chez Jen et Tom. Ils sont super gentils, ils nous proposent de prendre une douche, de manger, de prendre un bon verre de whisky, nous avons même la possibilité de fumer un bon cigare. Mais ça va aller. Ils vont se coucher, nous finissons notre repas de pâtes à l’ail et à l’huile d’olive (super bon) et un peu de poulet frais. Romain goutera quand même aux très bonnes bouteilles de Tom.  Ce soir le dodo va nous faire du bien.

Les whisky de Tom
Whisky japonais

Jour 125 : Boca Raton

Romain, moi, Jen et Tom

Petit déj avec Tom, Jen est encore au lit. Nous nous réveillons tranquillement.

Ils nous proposent bien sûr de rester ici. Ils ont une super maison, une grande piscine et l’endroit est calme. Jen nous propose même de venir avec elle dans un endroit où elle voit souvent des lamantins. Mais comme d’habitude, nous n’avons pas le temps.

Jen nous accompagne quelques kilomètres pour nous faire partager la faune et la flore qui se trouve juste à coté de chez elle dans un parc. 

Nous aurons la chance de voir un tatou vivant (d’habitude ils sont morts sur la route), nous allons voir  des cyprès à tête blanche, des figuiers étrangleurs et une biche qui restera à 3 mètres de nous sans bouger. Une belle matinée qui commence. Normalement cette journée devait être une petite journée de 90 kilomètres environ mais les différents itinéraires empruntés nous rallongerons la tâche. Franchement je n’en peux plus du vélo à ce moment là.

La route que nous empruntons est encore horrible, trop de circulation pas d’alternative. Nous passons devant la très belle plage de Palm Beach mais nous ne nous y baignerons pas, par peur de nous prendre à nouveau un orage. La pluie c’est tous les jours ici en Floride, mais il fait chaud alors c’est pire. Nous roulons, roulons et de superbes demeures se dessinent de chaque côté de la route. C’est dingue car la plage qui se trouve juste en bas des maisons est normalement publique mais franchement tu ne vois pas comment tu peux y accéder, il y a des barrières partout et des portails fermés à clé… 

C’est sur cette route que nous verrons des milliers d’iguanes, ils sont partout. Nous roulons assez vite, nous nous relayons pour arriver rapidement, avant la pluie si possible. Ce soir nous serons accueillis par Daniel, le père de Gady. En effet grâce à Gady, nous trouvons un pied à terre à côté de Miami. 

Daniel est un hôte vraiment très sympa, nous passerons la soirée à discuter et il nous fera une pizza végétarienne expresse extra bonne. C’est un homme encore très intéressant qui nous fait découvrir encore de nouvelles choses. 

Roulons sous le soleil de Floride
Les iguanes de Floride

Jour 126 : Miami Beach

Pause vélo

Aujourd’hui nous décidons tout de même de terminer le périple aux USA. Nous laissons donc nos sacoches chez Daniel et partons en direction de Miami. Nous devons finir l’itinéraire que nous avons tracé.

Ce sera 120km de vélo pour aujourd’hui. La route est assez cool au début, beaucoup de cyclistes sont de sortis. Mais la circulation est toujours désagréable. Nous nous arrêtons près d’une belle plage admirer les sacrés américaines à faire de la « gym » sous 40°. 

Arrivés à Fort Lauderlade (ville où nous prenons notre avion dans 2 jours pour Quito), il y a trop de voies, nous nous trompons ça commence à être l’enfer. Nous atterrissons à l’aéroport. Au moins nous pouvons repérer les lieux pour notre départ et également pour venir récupérer la voiture que nous avons loué pour les 2 dernières journées.

Nous commençons à être fatigués, en plus il va bientôt être 13 heures nous n’arriverons jamais à Miami assez tôt pour pouvoir rentrer vers 20h. Un ami de Daniel voulait nous rencontrer et passer la soirée avec nous. Nous commençons à nous énerver et perdre espoir d’y arriver. Nous allons voir si nous pouvons finir le trajet en train, mais celui-ci n’arrive que dans 45 minutes. 

Nous décidons de continuer à vélo. Les 5000 km seront passés ici. Avant de prendre la route, nous pensions que nous serions sur une belle piste cyclable qui longerait l’océan, Daniel ne nous avait rien dit pour ne pas nous freiner. Mais la route n’est pas géniale et nous aurons même une altercation avec un homme et une femme qui nous auront doublé en nous frôlant. Nous les avons rattrapés au feu rouge, personne n’a bronché. Personne n’est descendu de sa voiture. Etonnant! Franchement je n’ai plus envie de continuer. Je ne comprend pas le but de cette dernière étape et je regrette de l’avoir faite car je n’ai pas profité de Miami comme j’aurai pu le faire sans vélo. Mais c’était un des objectifs, il a été réalisé. 

Les 5000
Miami à vélo

Nous nous baignerons quand même à Miami Beach, nous irons même boire une bière en terrasse. Nous sommes très fatigués. C’est peut-être pour ça que je ne trouve pas Miami exceptionnel.

L’avant dernier train pour Boca Raton était à 18heures et le dernier est à 20h30. Il y a 2 heures de train, nous n’arrivons bien sûr pas à avoir celui de 18heures, nous allons donc rentrer super tard. Daniel est vraiment compréhensif, franchement c’est dommage nous n’avons pas pu passer cette soirée avec lui et son ami.

Bière de récompense

Nous traverserons Miami à vélo pour aller chercher le train. Le train sera vraiment bondé et nous serons accompagnés par plusieurs cyclistes. Un des cyclistes est complètement fan de ce que nous faisons du coup il n’arrête pas d’en parler à tout le monde, il  nous a prit en vidéo, il est surexcité. Les premières fois c’est marrant, on discute mais là moi je suis vraiment au bout de mes forces et j’aimerai qu’on me laisse tranquille avec ce vélo. Même si c’est « amazing », « oh my god you are strong »…. bla, bla, bla… C’est vraiment sympas mais là c’est bon le vélo j’en ai un peu ma claque. En plus les américains de Floride ont été les rois des incivilités sur la route. Du coup j’ai hâte de descendre de ce train. 

Demain nous allons louer une voiture, à l’aéroport (encore et toujours) pour partir faire une balade sur 2 jours. Daniel nous propose gentiment de nous déposer à la gare le matin.

Jour 127 : Everglades National Park

Location de voiture

Nous partons le matin à la recherche du SUV que nous avons loué pour les 2 prochaines journées afin de finir de faire le tour de coins touristiques, en Floride. Economiser les nuits d’hôtel en dormant dans la voiture c’était le but.

Nous avons loué chez Sixt et comme d’habitude le prix affiché sur internet ne sera pas celui qu’on paiera sur place… Alors que quand nous avions loué la voiture chez Budget à Richmond, pas de surprise. Nous aurions dû rester sur une entreprise low cost. Tout comme la première fois, Romain essaye de maitriser le véhicule, en Amérique pas de boite de vitesse, ce sont des automatiques. 

Bref, nous partons en direction du parc des Everglades. Nous avons vraiment envie de voir des alligators avant de partir. Nous ferons du airboat et nous verrons 2 alligators en pleine nature. Normalement en cette saison, nous ne pouvions pas les voir. Car c’est la saison des pluies et l’eau est très haute, les alligators se cachent sous l’eau.

Petit lézard ou alligator

Après les Everglades nous partons en direction de la pointe la plus au Sud des USA. La route c’est une ligne droite sans intérêt, heureusement que nous n’avons pas eu l’idée de le faire à vélo, sinon j’aurai vraiment été dégoutée à vie de la Côte Est des States.

Monotone comme jamais la route et puis il n’y a qu’une seule route qui mène à Key West, donc toute la circulation est ici. Nous nous arrêterons en milieu de chemin, contempler le coucher de soleil et nous baigner un peu. Nous trouvons un endroit super mignon. Il est interdit de dormir dans sa voiture aux USA. Il est interdit de dormir sur un parking. Nous allons donc essayer de nous trouver un endroit paisible pour la nuit. Mais des mecs, suffisants comme jamais, dans leur bateau, viennent nous voir pour nous demander ce qu’on fait là. Nous leur expliquons que nous voulons passer la nuit tranquillement ici avant de partir demain. Ils nous demandent de quitter le parking, alors qu’eux sont dans leur bateau, nous ne les dérangeons pas du tout. Nous ne comprenons pas leur façon de réagir, ils sont hautains et franchement la seule chose que tu as envie de leur dire c’est d’arrêter d’être con… Nous leur demandons s’ils ne connaissent pas un endroit où nous pouvons rester gratuitement pour la nuit. Ils se mettent à ricaner et à dire « Nothing it’s free in Key West »… Nous leur disons que franchement nous avons de la chance d’être beaucoup moins bête qu’eux. Nous partons un peu triste encore et un peu plus dégouté des USA. Que ce soit à vélo ou en voiture tu n’es jamais tranquille. Sauf quand la personne t’invite chez elle ou souhaite t’aider d’elle même, sauf dans ces situations tu peux crever la bouche ouverte, personne ne t’aide.

Nous trouvons un parking de pêcheur, nous nous y arrêtons. Nous mangeons nos pâtes et buvons quelques bières pour nous décontracter.  

Dodo dans la voiture de loc
Couché de soleil sur key west

Jour 128 : Key West

Five guys

Nous ne dormons pas très bien cette nuit, il fait très chaud dans la voiture et il y a trop de circulation à coté de ce parking. Nous nous réveillons en plein orage, c’est raté pour le magnifique levé de soleil… La pluie ne s’arrêtera qu’en début d’aprèm. Donc au lieu de perdre du temps nous allons chercher un mac do, pour le petit déjeuner et le wifi. Le petit déjeuner du mac do n’est pas très bon. Ce sera limité. Nous essayons de lire toutes les informations possibles sur l’Equateur. Pays que nous ne connaissons pas du tout et dans lequel nous atterrissons dans un peu plus de 24 heures. Il était temps. Nous allons également à la recherche de film plastique et de papier bulle pour nos vélos. Car la compagnie, jet blue, n’accepte que les vélos emballés ou dans une boite rigide spécialement conçue pour le vélo. 

Après avoir fait tout ceci, nous partons en direction de l’extrémité des USA, la pointe la plus proche de Cuba. Nous nous arrêterons manger au five guys, un fast food apprécié par Barack Obama. C’est bon mais sans plus. 

Nous ne savons pas si c’est parce que nous sommes en pleine saison basse, mais mais nous ne trouvons rien de bien palpitant à Key West… ce n’est pas très beau, les plages ne sont pas si belles, il y a beaucoup de travaux. Nous nous baignerons dans un coin apparemment apprécié. L’eau est chaude et assez claire. Mais nous ne sommes pas transportés par la beauté du lieu, qui donne sur un pont détruit par un ouragan jamais reconstruit par la suite.

Nous décidons de repartir sur la plage de la veille, y manger pendant le coucher du soleil. Au début le moment est appréciable et d’un seul coup nous sommes attaqués par les moustiques. Nous partons vite de cet endroit et décidons de remonter à Boca Raton. Il est trop tard pour rentrer chez Daniel. Nous nous garerons près d’un mac do pour le wifi et nous nous informerons encore sur l’Equateur. Demain c’est le grand départ.

Nous ferons nos au revoir très rapidement à Daniel, qui doit aller en réunion et nous chargerons la voiture avec nos montures, direction encore une fois l’aéroport de Fort Lauderlade. 

Nos sentiments

départ des USA

L’arrivée aux USA a été géniale, nous avons vu New-York de nos propres yeux. Cette ville est vraiment cool. La seule ville qui aura un intérêt pour nous sur tout notre itinéraire. Nous avions un premier aperçu sympa des Etats Unis.

Nous nous sommes vraiment pressés à des moments où nous aurions dû profiter. Nous aurions dû rester chez tous nos warmshowers un peu plus longtemps et filer plus vite à d’autres endroits. Les States ne seront pas gravés dans nos mémoires pour ces paysages ou pour la culture. Mais les rencontres que nous avons faites sont des rencontres inoubliables, la gentillesse de ces gens nous ont vraiment permis de ne pas craquer, car c’était épuisant. 

Nous déconseillons de venir voyager sur la côte Est à vélo. Même en voiture aujourd’hui nous ne voyons pas l’intérêt. La saison nous a été défavorable, c’était franchement éprouvant toute cette chaleur humide.

Les américains sont très spéciaux, lorsqu’ils sont dans la rue, ils vont te parler, t’interpeller, te tenir de beaux discours, mais une fois que tu leur demande de l’aide il n’y a plus personne. Par contre lorsque d’eux mêmes ils décident de t’aider sommes les warmshowers que nous avons rencontrer et José et « J », eux ne font pas les choses à moitié. Ils vont tous t’offrir sur un plateau d’argent. Tu auras toujours plus que ce que tu demandes. Pour ça nous ne regretterons pas d’être passés par la Côte Est des USA. 

Départ pour l'Amérique du Sud
Catégories : USA

2 commentaires

Claire · octobre 31, 2018 à 7:00

Bonjour les petits
Je viens d’en finir les USA et finalement je trouve plutôt positif votre texte par rapport à la description que’ quevous nous en aviez fait, vous avez su garder beaucoup de bons souvenirs, il y à aussi de très belles photos
Merci pour cette idée de l’Amérique même si elle n’est pas tres positive

Aujourd’hui ici c halloween 🎃
Les garçons sont comme des fous, reviennent de Cahors ravis et se seront gavés de bonbons toutes les vacances
Ce soir soirée déguisée chez les Dazeas, vous enverrons une’ petite photo
Il pleut des trombes d’eau depuis une semaine ici aussi
Sinon rien de bien neuf , nous sommes en forme
On vous embrasse

    ViA 2 Roues · novembre 9, 2018 à 2:00

    Coucou Claire,
    Nous sommes bien contents de ne pas donner une trop mauvaise idée des USA car tout de même nous avons de très bons souvenirs de ce pays. Il y a eu beaucoup de bonnes rencontres et surtout un grand apprentissage du voyage.
    Nous avons vu vos photos d’Halloween et avons bien ri. Nous serons trop contents de fêter halloween avec vous l’année prochaine!!
    Nous pensons souvent à vous sur nos vélos et aujourd’hui ça nous a fait vraiment plaisir de vous voir!!!
    A très bientôt les cousins !

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